• « Désolé, vous n’êtes pas un habitué »: des députés s’attaquent aux discriminations dans les lieux de sorties

    La résolution relative à la discrimination à l’entrée des discothèques et autres lieux de sortie a été adoptée aujourd’hui en séance plénière du Parlement. Pour rappel, cette résolution vise a lutter de manière plus offensive – mais surtout plus efficace – contre toutes les formes de discrimination, qu’elles soient liées à l’origine ethnique, le sexe, le handicap,…

    Bruxelles est la deuxième ville la plus cosmopolite au monde. Cette mixité qui fait la richesse de notre région entraine malheureusement une série de discriminations.

    Elles sont visibles dans de nombreux domaines, notamment ceux de l’emploi ou du logement. Mais des efforts visant à lutter contre les discriminations ont été mis en place.

    Je tiens notamment à féliciter le Ministre Gosuin d’avoir accepté notre demande de mettre en place des mesures de testing et de mystery call dans le domaine de l’emploi. En matière de logement, des initiatives similaires vont être prises. Ces efforts doivent continuer, afin de respecter l’égalité d’accès à tous les biens et services.

    Il n’est pas acceptable qu’au 21ème siècle des personnes soient encore discriminées, en raison de leur origine ethnique, leur sexe, leur handicap…

    Il est souvent compliqué d’atteindre nos objectifs dans ce domaine, mais le projet que nous avons voté permettra certainement de résoudre ces nombreuses difficultés. L’une des principales difficultés résidait dans l’obligation pour la personne discriminée d’apportée la preuve de la discrimination dont elle a été la victime. Le projet que nous avons défendu et fait voter permettra justement un renversement de la charge de la preuve.

    Concrètement c’est la personne qui est suspectée de discriminer qui devra démontrer qu’elle n’a pas discriminé. La discrimination est, en effet, souvent indirecte ou latente. Et la preuve de la discrimination est la plupart du temps impossible à apporter. Ce renversement de la charge de la preuve permettra de faciliter le dépôt de plaintes et l’instruction de celles-ci.

    Autre problème: celui de la rapidité d’intervention. Le projet visé organise une procédure en référé permettant de faire cesser beaucoup plus rapidement des situations de discrimination.

    Pour s’émanciper en tant que citoyens, il faut évidemment un emploi, un logement, mais il ne faut pas oublier que le droit aux loisirs est également primordial. C’est par l’accès aux lieux de divertissement et de rencontre que chaque citoyen/ne pourra se réaliser .

    Or c’est un phénomène bien connu et loin d’être marginal. Il suffit de rester quelques minutes devant une boite de nuit pour se rendre compte de la brutalité avec laquelle certains publics se font recaler de ces lieux. Samedi dernier, la personne derrière moi s’est fait interdire l’accès à une discothèque. Elle était pourtant très bien habillée…

    Même si la raison n’était pas assumée par le portier, il est clair que sa couleur de peau dérangeait…

    La résolution que je cosigne et que nous avons également fait voter au parlement à la quasi unanomité (abstention du MR et de la NVA) vise à mettre en lumière ces comportements inacceptables.

    En tant que responsables politiques, nous nous devons de mettre en place les outils permettant aux publics discriminés de voir leur plainte aboutir et de faire en sorte que des mesures fortes soient prises contre de tels établissements.

    J’espère que demain la personne qui était derrière moi ne devra plus revivre cette situation insupportable.