• 2.000 places pour vélo pour 155 places de parking illégales

    Une étude récente réalisée par une association d’usagers a mis en lumière la problématique de l’assurance pour les vélos.
    À l’issue de l’enquête menée auprès de huit compagnies d’assurance en Belgique, il apparaît que les Bruxellois sont parfois désavantagés.

    Les vols étant plus nombreux dans les grandes villes, mécaniquement ils sont donc nombreux à Bruxelles.

    La ministre a confirmé avoir pris connaissance de cette étude de ProVelo1 et a rappelé les chiffres de 2020 concernant les vols de vélos en Région de Bruxelles-Capitale.

    À l’échelle de la Belgique, ils représentaient ainsi 18,5 % des vols de vélos déclarés, pour une population ne représentant que 10,5 % de la population globale.

    Aussi le gouvernement a-t-il approuvé en septembre dernier un nouveau plan de lutte contre le vol de vélos, qui contient un volet important sur le stationnement des vélos.

    Concernant l’étude, l’analyse du tableau comparatif qui synthétise les données récoltées est interpelant en matière de critères et d’exceptions pratiquées.2

    Ainsi, pour certaines compagnies le vol d’un vélo garé dans l’espace public n’est pas couvert pour Bruxelles et certaines primes sont majorées de 30 à 40%.
    Les vélos de plus de 3 ans, voire 1 ou 2 ans pour certaines compagnies, ne sont plus assurables.
    Certains modèles comme les VTT ne sont pas assurables par certaines compagnies
    Les conditions de stockage du vélo à l’extérieur sont soumises à l’attache à un point fixe avec un cadenas ART, voire à des modèles de cadenas agréés spécifiquement par la compagnie.

    Rappelons également que la disparition des points fixes dans l’espace public que j’ai déjà eu l’occasion de souligner en commission pose une difficulté supplémentaire pour lutter contre le vol. Il sera donc plus aisé d’assurer un vélo à assistance électrique neuf lorsque l’on dispose d’un espace de stockage à domicile que d’assurer un VTT d’occasion stationné en voirie faute d’espace adapté à domicile.

    De quoi creuser un peu plus fracture sociale concernant la pratique du vélo que j’ai également eu l’occasion de mentionner en commission.

    Si le volume 7 des cahiers de l’observatoire de la mobilité de la Région Bruxelles-Capitale3 consacré au vélo faisait état d’une « géographie des box à vélo sécurisés qui ne correspond qu’imparfaitement à celle des besoins en stationnement » , cette « imperfection » se traduit à présent financièrement avec des répercutions réelles sur le budget des Bruxellois et des Bruxelloises.

    Je maintiens la nécessité de valoriser les zones de recul aux abords des passages pour piétons en créant des zones de dépôt pour les vélos et trottinettes en libre partage, ou des équipements d’ancrage pour les autres vélos et trottinettes.

    À mon sens, il serait plus efficace de placer un petit nombre d’arceaux à chaque carrefour plutôt qu’une longue enfilade d’arceaux tous les 400 mètres.

    Suite à ma question lors de la commission mobilité du 15 octobre 2020, la Ministre évoquait d’ailleurs la possibilité d’adopter de ce dispositif à l’échelle régionale, « après un inventaire des voiries communales. »
    J’ai donc voulu savoir ou en était cet inventaire aujourd’hui.

    La Ministre a rappelé la dangerosité des traversées qui sont le maillon faible des réseaux piétons et causent à elles seules 46 décès et blessés graves par an. Le fait que la visibilité soit masquée joue un rôle dans 45 % des accidents de personnes qui empruntent des passages pour piétons.

    La réglementation interdit aujourd’hui de créer des aménagements ne tenant pas compte des reculs de stationnement nécessaires à la visibilité. Mais sur de nombreux axes, il reste encore des emplacements de parking ne respectant pas cette règle (rien à moins de cinq mètres d’une traversée et à moins de vingt mètres de feux).

    À la demande de la Ministre – et suite à ma suggestion -, un inventaire des emplacements non réglementaires de stationnement a bien été réalisé. Un plan de déploiement pour les voiries régionales est déjà en cours d’élaboration et une priorisation a été établie.

    Pour sécuriser ces traversées et augmenter la visibilité des piétons, Bruxelles Mobilité a démarré en octobre le placement d’arceaux sur 155 emplacements non conformes et devant disparaître d’ici début 2022. À raison de minimum six arceaux par emplacement transformé, ce sont près de 1.000 nouveaux arceaux qui seront installés.

    Les chiffres sont éloquents : quelque 2.000 places pour vélo remplacent donc seulement 155 emplacements de voitures.

    Le calendrier pour 2022 est en cours d’élaboration, et gageons que le rythme soit conservé afin d’équiper tous les carrefours le plus rapidement possible et rattraper ce retard historique. De l’aveu même de la ministre, certaines restrictions en matière de personnel et de ressources humaines resteraient toutefois à résoudre pour y parvenir.

    Les axes concernés sont actuellement les suivants : la chaussée de Charleroi, l’avenue Louise, la chaussée de Louvain, la chaussée de Waterloo, la Moyenne ceinture, l’avenue de Jette et la chaussée de Haecht.

    Cette première phase se concentre sur les arceaux classiques, mais un plan type d’aménagement est en cours de validation au sein de Bruxelles Mobilité.

    À la question du respect du calendrier notamment concernant la première phase relative à l’avenue Louise, la ministre a confirmé que tous les axes mentionnés devraient être terminés en 2021. Le travail sera ensuite poursuivi, tous les axes régionaux étant prioritaires.

    À l’issue d’une phase d’analyse nécessaire, la phase d’exécution a donc été entamée et des résultats sont déjà visibles. Les travaux sur l’axe de la chaussée de Charleroi sont ainsi terminés et ceux de l’avenue Louise et de la chaussée de Waterloo sont en passe de l’être.

    Le plan d’aménagement prévoit non seulement des arceaux pour vélos classiques, mais également des arceaux spécifiques pour les vélos-cargos, ainsi que des zones de dépôt, deux sujets importants que j’ai évoqués à de nombreuses reprises.

    • En matières de spécificités techniques liées aux vélos-cargos, la Ministre a répondu précédemment à l’une de mes questions écrites.
    • Concernant les zones de dépôts (drop off zones), le parlement pourrait voter en janvier une ordonnance qui suggérerait de créer ces zones de dépôt. L’administration de la Ministre anticipe en veillant donc déjà à ce que les engins de micro-mobilité partagée puissent y accéder.

    Le chiffre impressionnant de 2.000 emplacements vélos pour 150 emplacements voitures démontre l’important effet que peut avoir la suppression de quelques places de voitures sur l’offre en mobilité alternative.

    Je ne peux que soutenir dans cette initiative, d’autant que, comme je l’ai déjà souligné à de nombreuses reprises, ces emplacements pour voitures posent de graves problèmes en matière de sécurité.

    Je me réjouis donc de l’avancée de ce dossier qui me tient particulièrement à coeur et des mesures concrètes prises en faveur de la mobilité douce et de la sécurité des bruxelloises et de bruxellois.

     


    1 Ro.Ma.. A cause des vols, le prix des assurances vélo est bien plus élevé à Bruxelles. DHnet.be, 07/09/2021
    2 Je protège mon vélo. Provélo Bruxelles Mobilité
    3 Cahiers de l’observatoire de la mobilité de la Région Bruxelles-Capitale. P 172-173

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