• Intervention sur les conventions de premier emploi (Plan Rosetta) – Commission des affaires économiques du 18/12/2014

    Le Plan Rosetta a été mis en place en Belgique, en s’inscrivant dans les recommandations de l’Union européenne dans le cadre de la Stratégie européenne pour l’emploi de 1997. L’objectif était de lutter contre une tendance générale dans l’ensemble de ses états membres, à savoir un taux d’emploi des jeunes systématiquement plus bas que celui des citoyens plus âgés.

    Pour ce faire, le dispositif, s’inscrivant dans une logique d’incitation à l’embauche, permet à toute entreprise ou entité publique embauchant un jeune de se voir octroyer une réduction des cotisations patronales à des taux différents en fonction du degré de formation du jeune employé.

    Le Groupe socialiste se joint aux remarques et questions de Madame Roex. Il est en effet permis de s’interroger sur les raisons du déclin de popularité de ce dispositif. La qualité de l’information mise à la disposition des employeurs peut être une piste. Les mesures telles que le Plan Rosetta, l’ACS, le stage de transition, maintenant la Garantie Jeunes, sont prises pour faciliter la création d’emploi et elles sont élaborées de manière à inciter les employeurs à embaucher. Mais il se peut en effet, que les employeurs, publics mais surtout privés, puissent se sentir quelque peu noyés dans des conditions parfois fort techniques.

    Mon Groupe vous encourage, Monsieur le Ministre, à prendre les dispositions qui permettront de mieux faire connaître ces différents mécanismes auprès des entreprises et leur permettre d’y voir plus clair en ce qui concerne les conditions à remplir.

    Les chiffres livrés par le Conseil national du Travail sont préoccupants et permettent de s’interroger sur l’attitude de l’État fédéral vis-à-vis du Plan Rosetta. La question mérite d’être posée au Ministre Vandeputte sur ce qu’il compte mettre en œuvre au niveau fédéral pour inverser cette tendance.

    Nous sommes également d’accord avec Madame Roex quant au fait que la Région bruxelloise devrait se montrer plus ambitieuse quant aux objectifs à atteindre. Nous pensons que le principe de l’exemplarité des pouvoirs publics devrait prévaloir en l’espèce, surtout dans le contexte socio-économique qui est le nôtre.

    Si vous parcourez les offres d’emploi publiées sur le site d’Actiris, vous constaterez qu’une expérience professionnelle préalable est une condition exigée ou à tout le moins décisive dans la plupart des offres répertoriées. C’est évidemment un cercle vicieux pour un jeune à la recherche de son premier emploi : « Pourquoi tu n’as pas d’emploi ? Parce que je n’ai pas d’expérience. Et pourquoi tu n’as pas d’expérience ? Parce que personne ne me laisse ma chance pour me faire une expérience».

    Le Plan Rosetta a pour but de palier ce problème. La Garantie Jeunes vise également cet objectif. Le Groupe socialiste insiste sur la nécessité d’un usage maximal de la Garantie Jeunes ainsi que des autres mécanismes d’activation pour intégrer les jeunes au marché de l’emploi.

    Vous avez dit, Monsieur le Ministre, vouloir travailler davantage sur le secteur de l’économie sociale. Le secteur non marchand bruxellois livre des résultats un peu moins bons qu’en Région flamande, par exemple. En effet, au Nord du pays les entreprises sociales de 50 employés occupant au moins 1,5 % de jeunes flirtent avec les 100 % de manière quasi discontinue depuis dix ans.

    Sur base de ces différents constats, je voudrais, Monsieur le Ministre, vous poser quelques questions.

    Mes questions :

    – Tout d’abord, attendu que la gestion des conventions de premier emploi a été régionalisée, quels objectifs vous fixez-vous pour relancer ce dispositif auprès des différents publics auquel il s’adresse?

    – Deuxièmement, le rapport du CNT relève que le public-cible le plus fragilisé, à savoir les jeunes les moins qualifiés et/ou d’origine étrangère, est aussi celui qui bénéficie le moins de ce dispositif. Quelles mesures spécifiques prévoyez-vous dès lors à leur attention?

    – Enfin, comme je l’ai mentionné au début de mon intervention, il existe de nombreux dispositifs visant à donner une première expérience aux jeunes sortant des études. En ce sens, comptez-vous rationnaliser/regrouper ces différentes aides afin d’améliorer la lisibilité de cet ensemble d’instruments ?

    Je vous remercie par avance pour vos réponses.