• Interpellation en Commission du Ministre Gosuin sur le financement des entreprises bruxelloises

    Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer les problèmes spécifiques des entreprises bruxelloises, et singulièrement s’agissant des PME et des TPE.Si Madame Durand a à juste titre pointé un manque de préparation des jeunes entrepreneurs bruxellois, je pense qu’il faut prendre le problème dans son ensemble et rappeler, comme le fait Monsieur Fassi-Fihri, que sans un soutien financier suffisant le meilleur des projets, s’appuyant sur le meilleur des business plan, échouera, inévitablement.

    La crise des subprimes provenant d’un défaut patent de contrôle des capacités de remboursement des emprunteurs et des punitive rates qui étaient appliqués en cas de défaut de paiement a permis à la FSB et au G20 d’initier une large réflexion relative aux exigences en matière de ratios dans le chef des établissements de crédits. De ces discussions sont nés les Accords de Bâle III qui restreignent manifestement les capacités d’octroi de crédit par les établissements concernés. Les largesses du passé sont à oublier, du moins dans le contexte actuel, mais, ce n’est pas une raison pour totalement bloquer l’innovation dans notre Région.

    Le mieux est l’ennemi du bien, comme dit le proverbe : en Belgique les grandes banques de dépôts sont assises sur des quantités d’argent astronomiques dormant sur les livrets d’épargne. Les banques s’interdisent de les mobiliser au profit des PME, grandes créatrices d’emplois. L’étude de l’UCM consacrée à l’accès au crédit des PME et indépendants francophones évoquée par Monsieur Fassi-Fihri confirme cette tendance. Ainsi « Plus de la moitié (51,1 %) des patrons interrogés considèrent que l’accès au crédit bancaire est beaucoup plus difficile qu’il y a cinq ans. Cela se traduit par des difficultés objectives (refus total ou partiel de crédit) chez plus de quatre entrepreneurs sur dix (42,4 %). Cette proportion passe à 47,2 % pour les jeunes entreprises (moins de cinq ans). […] Les refus partiels ou complets de crédit sont le plus souvent motivés par une insuffisance d’apport propre ou de garanties. La qualité des projets eux-mêmes est rarement mise en cause ».

    Dans ces conditions, il est évidemment difficile de lancer son entreprise et de la maintenir en bonne santé économique. Nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation ubuesque puisque ce sont les établissements de crédit qui sont les principaux responsables de la crise financière, crise financière qui a provoqué une crise des dettes souveraines pour les sauver de la faillite et, après cela on peut remarquer que ces mêmes banques refusent de participer à la relance de notre économie.

    Plusieurs ont été sauvées à coups de milliards d’euros, provenant des contribuables européens, pour éviter un effondrement total du système et aujourd’hui elles étouffent les entreprises créatrices d’emplois.

    Notre continent ne pourra se sauver que par l’innovation or, aujourd’hui il n’y a qu’une société européenne (Siemens, en l’occurence), parmi les 15 entreprises les plus innovantes au monde. Pour innover, le soutien des banques est actuellement indispensable mais fait clairement défaut.

    C’est frustrant et révoltant, mais il n’aura pas été nécessaire d’attendre cette étude de l’UCM pour s’en rendre compte. Votre note d’orientation générale met également en avant ce triste constat et annonce comme réponse une focalisation de la SRIB sur les entreprises dont le profil d’emploi correspond à celui des demandeurs d’emploi de notre Région.

    Alors je me joins évidemment aux questions de Monsieur Fassi-Fihri et j’en viens à mes questions :

    Mes questions:

    – Quelles mesures avez-vous décidé de mettre en place au sein de la SRIB pour ouvrir ses crédits à des projets qui ne s’inscrivent pas nécessairement dans une perspective de haut taux de rendement?

    – Quels critères utilise à cet égard la SRIB pour octroyer son appui à un projet?

    – Quel type de capital de départ exige-t-elle pour se distinguer des banques qui, comme on l’a vu, jouent un rôle contreproductif ?

    – Comptez-vous développer des plateformes de financement alternatif tel que le crowdfunding, au sein de notre Région ? Et dans l’affirmative, comment comptez-vous vous y prendre?

    Je vous remercie de votre attention.