• Intervention sur l’avenir de la recherche scientifique et de la culture à Bruxelles

    Madame la Secrétaire d’Etat,

    Je tiens à exprimer mon inquiètude et ma préoccupation même si cela a déjà fait l’objet de nombreux débats, suite aux mesures d’économies imposées par le gouvernement fédéral aux établissements scientifiques fédéraux, parmi lesquels l’Institut royal des Sciences naturelles.

    Cet Institut relève exclusivement de la compétence du fédéral, il n’appartient dès lors pas à la Région d’analyser sa situation financière, ni d’ailleurs de remédier aux coupes budgétaires décidées au niveau fédéral.

    C’est pourquoi, mon intervention ne portera pas sur des questions qui se doivent d’être posées aux pouvoirs compétents mais servira à faire le relais d’une inquiétude généralisée et d’une incompréhension partagée par tous les acteurs et secteurs du domaine culturel.

    Des baisses de subsides allant de 15 à 30% auront inévitablement des conséquences sur la qualité et la quantité d’expositions et de productions montées par les institutions culturelles fédérales. 20% d’économie sont exigées sur les frais de fonctionnement, 22% en investissement et 4% sur le personnel. Et le tout dès cette année. Ces mesures auront pour conséquences un licenciement massif du personnel, tout en sachant qu’1/3 du personnel de l’Institut royal est composé de scientifiques.

    Cette asphyxie programmée de ces grandes institutions est incompréhensible et surtout contre-productive. La conséquence sera une diminution de la qualité de l’offre culturelle et de l’emploi à tous les niveaux à l’heure où le fédéral nous promet des merveilles quant à la création d’emplois, il est en train de mettre un terme à ceux existants.

    Des économies aussi fortes auront inévitablement des conséquences économiques désastreuses. La politique visant à réduire fortement les budgets culturels est une politique qui se trompe de cible. Au contraire, c’est en investissant dans la qualité de notre patrimoine culturel que l’on provoquera un effet d’entrainement positif sur l’attractivité de Bruxelles et donc sur le plan économique bruxellois.

    En effet, les mesures d’austérité programmées impacteront directement plusieurs compétences régionales : le tourisme, la protection du patrimoine, l’image de Bruxelles mais aussi l’économie et l’emploi de notre région.

    A juste titre, la Région bruxelloise compte de plus en plus sur les secteurs touristiques et culturels pour résoudre ses problèmes d’emploi. La décision de réduire les dépenses de fonctionnement des institutions culturelles constitue dès lors une attaque contre la politique de l’emploi de la capitale. Bruxelles, capitale de l’Europe et de la Belgique est une des villes les plus connues dans le monde. Cette notoriété est notre plus grande richesse et notre fierté. Au risque de s’effacer, cette notoriété doit être soutenue tant au niveau régional que fédéral. Cette notoriété profite et doit continuer à profiter à la Belgique entière et donc aussi à la Flandre et à la Wallonie, il ne faut pas l’oublier.

    Dans l’accord de gouvernement fédéral on peut lire un souhait de modernisation des institutions scientifiques dans le but de les rendre plus efficaces. Les économies, en revanche  ne démontrent pas cette volonté. Il est dès lors légitime de se poser la question suivante : le programme de l’accord de gouvernement  fédéral ne serait-il qu’une belle façade qui cacherait l’intention de démanteler, à terme, ces institutions ? Il incombe au gouvernement fédéral de prouver le contraire.

    Pour nous, l’art, la culture, la science sont des composants essentiels des systèmes démocratiques car ils constituent un espace de créativité, ils donnent à réfléchir et contribuent à développer l’esprit critique et la liberté de pensée. Car comme vous le dites madame la secrétaire d’État, « la culture est le moteur de l’innovation sociale, un vecteur d’échanges et de dialogues, un facteur d’émancipation citoyenne ».

    Je finirais mon intervention en insistant sur l’importance de préserver la culture et l’innovation à Bruxelles car une Région sans culture, une Région sans innovation, c’est une Région qui se meure.

    Je vous remercie pour vos réponses.