• Interpellation concernant l’économie circulaire à Bruxelles

    Le 16 décembre 2014, les président et vice-président de la Commission européenne ont confirmé, devant le Parlement européen, le retrait de pas moins de 83 projets de règlements et directives, tous hérités de la Commission précédente, dont notamment des mesures particulièrement urgentes, relatives à la qualité de l’air, prises dans le cadre de la mise en place d’une économie dite « circulaire ».

    Cette décision – motivée par un souci de se concentrer sur les politiques en matière d’emploi – a provoqué de nombreuses réactions car elle marque un net ralentissement de la politique de l’Union européenne en matière d’environnement durable.

    Or l’accord de majorité du gouvernement bruxellois ne sépare justement pas les politiques en matière de pollution et d’emploi. Il propose ainsi de « développer une vision stratégique de l’environnement en tant que ressource créatrice d’emplois locaux en transformant notre économie linéaire en une économie circulaire », notamment au travers du programme FEDER 2014-2020.

    Vous l’avez vous-même rappelé, dans une lettre au Président Junker, cosignée par 11 ministres de l’environnement de l’UE, en rappelant que l’économie dite « circulaire » ne doit pas se limiter aux questions environnementales mais qu’elle doit aussi viser une stratégie de croissance, notamment en matière d’emplois.

    Un exemple concret et prospectif de la faisabilité d’une telle économie circulaire est la labellisation « Cradle to Cradle » qui apporte une nouvelle vision de l’industrialisation. Le concept « C2C » est en réalité un principe commun à tous les écosystèmes naturels, rappelant que « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », puisque les déchets des uns sont aussi les nutriments des autres. Promouvoir la labellisation de ce concept, c’est faire le pari d’une consommation intelligente, raisonnée et responsable, en matière d’environnement certes mais aussi de santé publique.

    Ainsi, la certification « C2C » se base-t-elle sur des critères couvrant la santé (abolition des toxiques), la part de réutilisation (50% des objets au minimum), l’utilisation d’énergies renouvelables (objectif : 50% dans les process), la conservation de l’eau et la responsabilité sociale.

    Eu égard à ces données, je souhaiterais vous poser les questions suivantes :

    – Les récentes positions de la Commission européenne introduisent-elles un changement dans l’ordre des priorités du gouvernement bruxellois en matière d’économie circulaire ? Et corollairement cela impactera-t-il les ressources financières disponibles dans le programme FEDER 2014-2020. ?

    – En ce qui concerne l’exemple concret d’application évoqué plus haut, pouvez-vous nous dire si la prise en compte de critères « C2C » a été prévue dans les différents projets de la Région ? Par exemple, les nouveaux quartiers identifiés comme lieux de redéploiement de la Région bénéficieront-ils de cette utilisation responsable des matériaux utilisés, permettant ainsi une politique durable de l’environnement ?

    – Y-a-t-il des campagnes de sensibilisation relatives à l’économie circulaire ou comptez-vous en mener durant cette législature?

    – Enfin, une journée consacrée à l’économie circulaire a été organisée au sein de Bruxelles-Environnement il y a quelques mois. Comptez-vous réitérer ce type d’événement afin de faire connaître cette nouvelle conception de l’économie au sein de la population bruxelloise?

    Complément oral à mon interpellation :

    Je pense que nous avons été, la Ministre et moi, très intéressés par la journée d’étude qui a eu lieu sur cette thématique il y a quelques mois. Aujourd’hui, nous n’avons plus le choix : l’économie circulaire doit prendre le pas sur notre économie linéaire. En tant que responsable politique, nous avons le devoir de jouer un rôle fondamental d’impulsion pour que les habitudes de tout un chacun évoluent dans le bon sens. Cela doit passer par une communication efficace et ciblée du public, et notamment des publics jeunes. Nous devons également prendre des décisions concrètes dans ce domaine. J’invite donc Madame la Ministre à défendre une approche circulaire dans la création de ces dix nouveaux quartiers.