• L’avenir de la chaîne de restaurants Quick et l’impact pour l’emploi à Bruxelles

    Le quotidien L’Écho a récemment fait état des projets du holding français CDC Qualium Investment de vendre la chaîne de restaurants Quick. D’après l’article, la valorisation est estimée à 800 millions d’euros et les acheteurs potentiels seraient principalement américains, notamment via des fonds de pension.

    Le mandat de négociations aurait été confié aux banques Rotschild et Goldman Sachs, la banque qui ne perd jamais grâce au Trésor américain. N’oublions pas non plus que nous nous situons dans un contexte de féroce concurrence entre les chaînes de restauration rapide.

    En comparaison avec les géants américains de la junk-food, Quick est un « petit Poucet » à l’échelle mondiale, mais quand même le numéro 3 en Europe. Cette chaîne compte près de 500 restaurants en France et au Benelux, dont près d’une vingtaine en Région bruxelloise et elle a affiché un chiffre d’affaires de 1,03 milliards d’euros en 2014.

    Ce type de rachats par des fonds d’investissement peut potentiellement avoir de lourdes répercussions dans le fonctionnement interne de la société. Comme pour les LBO, certaines entreprises d’investissement ont en réalité comme objectif à moyen terme de rendre la société acquise plus rentable et mieux valorisée pour in fine la revendre via un marché réglementé afin de réaliser une plus-value sur l’acquisition. Mais il n’y a pas de miracle, pour rendre la société plus attirante sur le marché, pour « embellir la mariée » comme on dit dans le jargon financier, des restructurations massives sont généralement nécessaires et ces restructurations internes impliquent souvent une diminution importante des charges d’exploitation et des charges financières.Traduction : il y a donc renégociation des contrats de fournitures et des contrats financiers mais également une revue à la baisse du nombre de travailleurs ou des conditions de travail des employés et ouvriers de l’entreprise.

    Malgré la CCT 32bis qui en principe protège les travailleurs en cas de transfert conventionnel de leur entreprise, les failles existent et les pertes d’emploi ne sont pas à exclure car cette convention admet, dans certains cas, le licenciement pour raisons économiques, organisationnelles ou techniques. Fréquemment, le prix de cession de l’entreprise est influencé par le montant des préavis qui est estimé lors de la phase de négociation préalable à la vente. Soyons donc vigilants.

    Les restaurants Quick sont essentiellement des franchisés, mais la chaîne a la mauvaise réputation d’exercer une pression financière disproportionnée sur les petits franchisés et elle a des exigences excessives par rapport aux centrales d’achat. Chez nous, l’affaire a d’ailleurs été portée devant le Tribunal de Commerce de Bruxelles.

    Soyons clairs : les chaînes de fast-food n’ont jamais été des employeurs exemplaires, que ce soit en termes de salaires ou de conditions de travail. Redisons également qu’il est évident que sur le plan de la sécurité alimentaire comme sur celui de la santé publique, les dangers et les risques sont de taille. Mais, en étant bien conscient de ces graves problèmes, il n’en reste pas moins que, sur le plan économique, ces chaînes absorbent aussi une main-d’œuvre infra-qualifiée et procurent des jobs à de nombreux jeunes faisant leurs études à Bruxelles.

    J’en viens donc à mes questions :

    – Est-ce que vous disposez de renseignements complémentaires sur cette possible vente de la chaîne de restaurants Quick ?

    -Avez-vous eu des contacts avec la direction de Quick Belgium à ce propos ? Qu’en a-t-il résulté le cas échéant ? Dans la négative, comptez-vous prendre les devant en contactant les parties intéressées ?

    Voici la réponse du Ministre:

    Le ministre répond qu’il a appris la situation par le journal L’Écho et, suite à mon interpellation, il a aussitôt pris des contacts avec la direction. Malheureusement, ceux-ci sont restés infructueux.

    Le ministre fait aussi observer qu’en 2010 et 2013 des annonces similaires avaient déjà eu lieu et des acheteurs potentiels avaient également été évoqués.

    Quoi qu’il en soit, au-delà des effets d’annonce, le Ministre dit qu’il sera extrêmement vigilant sur la façon dont l’achat annoncé se ferait, mais il dit aussi qu’il sera surtout attentif au fait que de pareilles opérations se font le plus souvent avec des plans de restructuration à la clé.