• La taxe kilométrique pour les camions, la première étape d’une mobilité urbaine modernisée

    J’ai profité de la dernière séance de l’année du Parlement bruxellois pour revenir sur la question de la taxe kilométrique qui sera mise en application pour les camions.

    A ce propos, j’ai rappelé qu’une telle taxation respecte parfaitement la logique préconisée par l’UE du « pollueur-payeur » mais bien plus encore car un tel système aura des répercussions tant en matière de santé publique et d’environnement qu’en terme de mobilité ou de concurrence déloyale intra-européenne.


    Des enjeux cruciaux pour notre ville-Région.

    Même si des mesures importantes ont été entreprises pour améliorer la qualité de l’air dans notre région, nos efforts dans ce domaine doivent s’accentuer, et ce, de manière urgente.

    Il faut savoir qu’en moyenne dans tout le pays, l’espérance de vie diminue d’un an à cause de la pollution. Vous pouvez imaginer que les chiffres sont inévitablement encore plus inquiétants pour notre Région vu la densification du trafic urbain. Ce sont donc, en Europe, près 430.000 morts prématurées qui sont dues aux particules fines. Les problèmes respiratoires des jeunes bruxellois ne sont malheureusement plus à démontrer.

    La France a récemment réalisé une étude sur le coût de la pollution de l’air dans le pays et les chiffres sont très préoccupants : 101,3 milliards €, soit plus du double de ce que coûte les conséquences du tabac sur le territoire français. Pour la Belgique, le chiffre s’élève à 18 milliards d’euros.

    Pour toutes ces raisons, il est donc inévitable qu’une régulation et une réorganisation du transport par poids lourds soit mise en œuvre. Je pense notamment à l’utilisation de véhicules de plus petite taille électriques ou utilisant du CNG ou en développant les transports ferroviaire et fluvial ou encore par la mise en place d’outil de coopération entre transporteurs pour limiter le nombre d’unités en circulation sur le territoire.

    Concernant les recettes qui seront générées par une telle taxation, 30,1 millions € annuellement, je plaide pour un réinvestissement dans nos infrastructures de mobilité publique (transports publiques, les routes, les pistes cyclables, les bornes de rechargement). Il faut rappeler que le transport de marchandises représente 35% des trajets et 40% des coûts de congestion. Ce secteur est donc indispensable pour l’approvisionnement de notre région mais il ne peut plus l’économie d’une régulation. A mon sens, ces recettes doivent nous permettre d’offrir aux entreprises et aux particuliers une meilleure mobilité intra-urbaine et de facto, une meilleure qualité de vie. Compte tenu de la taille réduite de notre Région, le faible nombre de km à parcourir ne représentera pas un coût significatif nécessitant compensation, comme c’est le cas en Région wallonne.

    Concernant la tarification intelligente, j’ai rappelé notre souhait de mettre en place dès 2017, un prélèvement modulé selon les heures d’utilisation effective de nos routes.

    Notre taxe kilométrique sera alors, au-delà d’une simple mesure taxatrice, un réel outil de régulation de la congestion automobile.

    Ce projet n’est évidemment qu’un début et une telle mesure devra être également organisé pour les particuliers avec comme contrepartie un investissement massif dans les transports publics et une juste compensation des usagers de nos routes.