• Stratégie 2025: les objectifs en matière d’économie circulaire et sur la garantie jeune

    Je suis intervenu aujourd’hui à l’occasion du débat autour de la Stratégie 2025. Cette stratégie représente pour moi un moment majeur de cette législature et un acte politique fort et visionnaire du Gouvernement. Avec ce plan, Bruxelles peut devenir une Capitale belge et européenne où l’esprit d’entreprendre, d’innover, de créer, d’apprendre, d’inventer se conjugue avec l’exigence d’une qualité de vie toujours meilleure et plus durable pour chaque Bruxellois.

    Mon groupe politique salue bien évidemment ce plan prospectif qui va orienter toute la politique de développement et de croissance économique de la Région. Et il faut se féliciter de voir que cette Stratégie 2025 est née sous le signe de la concertation sociale. C’est dire que notre Région entend bien rester fidèle au modèle d’action politique et sociale qui caractérise notre pays et qui en fait un exemple de démocratie !

    Contrairement à d’autres gouvernements de ce pays, les partenaires sociaux ne sont pas ici réduits à un vulgaire rôle de « service après-vente ». Leurs critiques et leurs remarques nous sont précieuses et je ne peux qu’inviter le gouvernement à prolonger cet esprit et cette volonté de concertation.

    Faire un tour complet de ce beau et vaste projet n’est pas possible en quelques lignes. Je vais donc limiter mes questions à quelques points qui me semblent essentiels.

    Tout d’abord, concernant l’objectif 10 de l’axe 1 et l’objectif 3 de l’axe 2 où il est question de « soutenir l’économie dans les métiers porteurs d’emploi pour les Bruxellois », je voudrais tout d’abord évoquer la question de l’économie circulaire, puisque le plan évoque la nécessité de « Transformer l’économie linéaire en économie circulaire ».

    Je me réjouis de constater que le Gouvernement souhaite faire de Bruxelles un exemple en matière d’économie circulaire. Dans ce cadre, il est prévu de mettre en place une plateforme web qui permettra d’encourager les interactions, le suivi et les échanges entre les acteurs.

    Cette question a fait l’objet de nombreux débats lors des ateliers participatifs de la journéedu 10 juin organisés par BE. Or, lors de cette rencontre, de nombreux acteurs présents ont confirmé leurs inquiétudes sur la forme que devait prendre cette plateforme, tant il est vrai qu’il est indispensable de créer un tel réseau d’échange, afin de faciliter les contacts entre les acteurs.

    – Par conséquent, avez-vous plus de précision sur la manière dont sera gérée cette plateforme ?
    – Quel organisme prendra en charge sa gestion?
    – Et comment les autorités régionales participeront-elles à celle-ci et le cas échéant dirigeront ou soutiendront les initiatives qui en naissent?
    – Dans un même ordre d’idée, concernant les 10 nouveaux quartiers et la Zone du Canal, le Gouvernement prévoit-il d’y inclure des exigences en matière d’EC ?
    – Pourriez-vous dès lors nous donner plus de précisions sur la manière dont l’EC sera intégrée aux projets et également sur la façon dont vous comptez privilégier les entreprises bruxelloises ?
    – Enfin, en matière de concertation, prévoyez-vous de prendre contact avec les autres Régionsdu pays et avec le fédéral afin de coordonner les actions des différents gouvernements et d’avoir une politique cohérente au niveau national ?

    J’en viens désormais à l’objectif 1 de l’axe 2 qui vise à « mettre en œuvre la Garantie pour la jeunesse». Ce dossier me tient particulièrement à cœur car il est sans doute le symbole des espoirs les plus forts de ma génération. Dans cet objectif 1er, le chantier n°1, qui se concentre sur l’information et l’orientation, vise globalement à améliorer la communication sur les possibilités de la Garantie Jeunes.

    Son deuxième objectif opérationnel vise – je cite – à « organiser une plateforme interactive commune de conseil en ligne en collaboration avec les partenaires; le but étant d’offrir un conseil online aux jeunes en recherche d’informations et assurer un relais vers des plateformes locales d’accueil et d’accompagnement de première ligne des jeunes ».

    Au regard de cette volonté politique de collaboration interactive, je voudrais vous demander quelles propositions de réponses cela pourrait offrir au problème de la « sherwoodisation » ? En effet, ce phénomène est de plus en plus présent et il est devenu d’autant plus redoutable que nous savons qu’une grande partie des personnes sanctionnées (71%) pour fin de droit aux allocations d’insertion n’ont pas osé franchir la porte des CPAS. Il n’y a évidemment pas que des jeunes touchés par ces réformes, mais la «garantie jeune» pourrait constituer une première solution afin de les sortir de cette spirale négative.

    Devant ce nouveau phénomène de précarisation qui exige que nous soyons capables de retrouver ces personnes disparues des radars de l’action sociale, pour leur donner le soutien et le respect qu’elles méritent, je voudrais aussi vous demander comment cette plateforme associera les communes et les CPAS et quels seraient leurs rôles à cet égard ?

    Je voudrais aussi vous demander quels autres acteurs de terrain vous estimez devoir faire intervenir ou solliciter, dans ce processus d’information.

    Dans un même ordre idée, on voit que le chantier 2 prévoit un immense travail de fond dans la lutte contre le décrochage scolaire. Je voudrais, par conséquent, vous demander quelles mesures seront prévues dans le Plan d’action conjoint, en ce qui relève de la prévention et de la lutte contre le décrochage scolaire?

    – Existe-t-il déjà à ce stade un échéancier et que sera-t-il prévu concrètement pour, je cite, «renforcer l’offre d’éducation ou la formation de seconde chance» ?
    – Comptez-vous organiser ces objectifs exclusivement au sein de services publics organiques de la Région ou des partenariats avec des écoles de formation, hautes écoles et universités sont-ils envisagés?

    Au-delà des questions évoquées et des demandes d’informations suscitées, je souhaite faire part de mon enthousiasme devant ce Plan d’action qui permettra sans aucun doute de faire de notre Région une entité politique, économique, sociale et culturelle exemplaire.

    Dans leurs réponses, le Ministre-Président Vervoort et le Ministre Gosuin ont rappelé que le plan vise des objectifs ambitieux pour le bien-être pour les Bruxellois, en sorte de redynamiser l’économie. Il s’agit d’avoir une stratégie avec une méthode participative qui est bien entendu appelée à évoluer, notamment via un travail de monitoring.

    Le Plan est aussi construit selon une méthodologie participative, via un dialogue avec tous les partenaires sociaux. La responsabilité est donc partagée et les implications multiples. On compte ainsi 18 objectifs où sont impliqués le Gouvernement, un comité directeur, des administrations, les cabinets, les communautés, bref toutes les compétences ad hoc sont à chaque fois mobilisées et impliquées.

    Avec le Plan, il s’agira de favoriser le dialogue et la collaboration avec les communautés. La communauté flamande n’a d’ailleurs pas dit non au Plan, elle a demandé un temps pour voir les collaborations à fournir. Il s’agira aussi de soutenir la « Garantie jeune », avec en amont une offre adéquate de stages. Il s’agit d’amener le jeune vers les meilleurs services, de les informer, de leur donner confiance envers les Institutions, de les accompagner et de les suivre dans les moments d’accrochage et de décrochage, et singulièrement au moment de la sortie de l’enseignement secondaire.

    La garantie-jeune est un passeport vers l’emploi. Il faut bien sûr lutter contre la sous-qualification, mais il importe aussi d’aider le jeune à voir ses handicaps, à lui offrir des stages de formation, pour le mettre en contact avec le marché du travail et ses réalités.

    Pour ce qui concerne, la création des entreprises, il s’agira de limiter les charges administratives, d’abaisser les charges pour les PME, de mettre en œuvre des méthodes commerciales rénovées et adaptées, de créer de nouveaux pôles de compétences, de favoriser les initiatives collaboratives entre partenaires privés et publics, de simplifier les entrées de dossiers de demandes de subsides et de rendre les procédures plus transparentes.

    Fondamentalement, le Plan veut donc mettre en évidence les secteurs où l’emploi est le plus porteur, en privilégiant notamment l’économie circulaire qui dépendra de deux compétences ministérielles : l’environnement et économie.

    La formation est donc une priorité absolue ! Le Plan veut casser la fatalité du chômage, en stimulant la formation et en favorisant une politique d’insertion qui décloisonner les compétences.