• Taxe kilométrique pour les voitures: “la voiture unipersonnelle n’est pas une solution du XXIe siècle”

    Ce vendredi, en séance des “Questions d’actualité” du Parlement bruxellois, j’ai interrogé Pascal Smet, ministre de la mobilité, sur la tarification kilométrique des voitures automobiles.

    On sait, en effet, combien la congestion automobile coûte ! Au bas mot, cela revient, à l’économie bruxelloise, à près de 375 millions d’€ par an.

    Par conséquent, plusieurs voix s’élèvent pour demander si le moment n’est pas venu d’appliquer une tarification kilométrique pour les véhicules particuliers.

    Il faut ainsi noter que, trois mois après le lancement de la tarification kilométrique des poids lourds, Satellic, la société qui gère le système de taxation, se dit prête à lancer la tarification kilométrique des automobiles, si les Régions le désirent.

    Une des solutions suggérées par Satellic, pour lutter contre les embouteillages, serait d’appliquer une facturation au kilomètre, selon l’heure et les axes empruntés. Je soutiens, à titre personnel, des critères complémentaires en matière environnementale et sociale. On ne peut pas punir de la même manière un véhicule polluant et un véhicule limitant ses émissions. Mais on ne peut pas non plus condamner les personnes qui auraient des difficultés financières face à l’achat d’une voiture à basse émission.

    Ce serait peut-être pour notre Région la manière la plus juste d’inciter au shift nodal dont nous avons cruellement besoin, tant sur le plan économique qu’environnemental. C’est en tout cas une position que mon Groupe partage, notamment pour soutenir le développement de la communauté métropolitaine bruxelloise.

    J’ai donc posé au Ministre deux questions importantes.

    D’une part, je lui ai demandé si la taxe kilométrique pour les automobiles était envisagée par le Gouvernement et si, à tout le moins, des études d’opportunité ou de faisabilité avaient été lancées.

    D’autre part, je lui ai demandé s’il avait eu des contacts avec ses homologues flamand et wallon sur cette question.

    Dans sa réponse, le Ministre a expliqué qu’il n’y a pas, au sein du Gouvernement, une position explicitement définie sur ce sujet qui par ailleurs n’est pas dans la Déclaration de politique régionale. A titre personnel, Pascal Smet y est favorable, il est même « très pour ». Le problème est pour lui la question de la discussion d’un possible accord avec les deux autres Régions. Car si les Flamands sont pour, les Wallons sont contre. Il faudra donc convaincre et chercher des solutions face aux réticences, mais c’est, selon lui, l’avenir.

    Le Ministre mentionne aussi qu’il faut prendre le temps de récolter les premiers résultats de la taxe sur les poids lourds : sa mise en œuvre, ses effets, les difficultés technologiques, etc. Une fois cette étape franchie, il se prononce, toujours à titre personnel bien sûr, pour la mise en œuvre d’une « taxe intelligente ». Il prend un exemple. Si une personne habite en Flandre, près d’une gare, et travaille à Bruxelles, près de la gare du Nord, il y a alors pour lui un impératif de mobilité, via le train. Par contre, si aucun moyen de transport adapté et aucune autre alternative n’existent (on habite dans le Luxembourg par exemple), alors on peut choisir la mobilité automobile. Le critère de taxation serait donc celui de l’alternative.

    Enfin, tout en reconnaissant que la situation n’est pas encore véritablement mûre pour aller globalement en ce sens, il estime qu’il faudra travailler cette question à partir d’une réflexion générale sur les zones géographiques métropolitaines.

    Pour ma part, je lui ai répondu que je pense qu’il devrait toujours y avoir une alternative, notamment si l’on axe une politique de mobilité sur une véritable intermodalité, sans exclure voiture et transports en commun. Par exemple, on songe aux parkings connectés aux gares, aux parkings de dissuasion à l’entrée des villes et bien sûr…à l’intermodalité via le RER !

    Je lui ai, par conséquent, demandé de continuer son lobbying et d’approfondir ses contacts avec ses partenaires régionaux.