• L’inclusion des personnes en situation de handicap: des progrès et des projets!

    Ce vendredi 15 juillet, en séance plénière du Parlement francophone bruxellois, j’ai interpellé la Ministre Fremault, sur les priorités du Gouvernement en matière de “Politique d’Aide aux Personnes Handicapées”, dans la suite du Gouvernement thématique du 29 juin 2016.

    L’une des priorités du Gouvernement francophone bruxellois est de garantir l’inclusion des personnes en situation de handicap dans l’ensemble des domaines couverts par l’action publique. La transversalité des actions à implémenter est ici une condition indispensable, en vue d’assurer la concrétisation de ce principe d’inclusion  dans notre société.

    Dès lors, ce Gouvernement thématique représente une réelle opportunité pour mettre en œuvre le principe d’handistreaming qui favorise la prise en compte de la dimension handicap dans l’ensemble des politiques.

    Voici les priorités du Gouvernement francophone bruxellois pour la suite de la législature et les dispositions qui seront mises en œuvre pour atteindre les objectifs fixés s’articulent autour de 12 axes thématiques :

    Une nouvelle politique d’Handistreaming, l’accessibilité de l’Information, la prise en charge des enfants en bas âge (diagnostic et aides précoce), la prise en charge des jeunes en âge de scolarité, les services d’accompagnement, la vie quotidienne (logement, aides individuelles, sport, culture,…), la formation professionnelle, l’emploi ordinaire, les Entreprises de Travail Adapté, les projets de volontariat et activités collectives, les lieux de vie (la création de places en centre de jour et d’hébergement) et les projets Handicap à l’international.

    On le voit, le Gouvernement se consacre, avec détermination et – je le souligne aussi – avec délicatesse et respect, aux personnes en situation de handicap ; cette réalité complexe et difficile de la vie qui concerne de nombreux Bruxellois, sous divers modes. Ces mesures sont concrètes et tangibles, mais elles ont également été menées en concertation avec de nombreuses associations bruxelloises de terrain.

    Il me plaît aussi de souligner combien la question de l’emploi est au cœur de l’action, et singulièrement celle d’un emploi rendu accessible quand précisément la mobilité est devenue difficile, en raison de l’handicap.

    Bien entendu, il y aura toujours des actions à mener et des initiatives à prendre, notamment en matière de sensibilisation et d’accompagnement, mais aussi en matière d’éducation et de formation permanente.

    En ce sens, la création de 300 places dans l’enseignement spécialisé est un acquis majeur, même si nous savons qu’il y a un besoin structurel d’un enseignement ordinaire inclusif, avec la formation des enseignants, le soutien aux élèves et aux parents, ou encore avec des soins médicaux et paramédicaux intégrés.

    Dans ce contexte global de la personne en situation de handicap, on ne peut pas passer sous silence les analyses – de 2014 – du Comité des Nations Unies chargé de l’application de la Convention relative aux droits des personnes handicapées ou même celle de l’Observatoire de l’accueil et l’accompagnement de la personne handicapées.

    Le problème mentionné est en somme celui de l’automatisme du placement de la personne concernée, pratiquement systématique, en institution ; or – nous le savons – ceci diminue les recherches d‘alternatives, en matière d’accompagnement et donc d’insertion et inclusion.

    Alors que deviennent ces femmes et ces hommes ? En réalité, les personnes handicapées de grande dépendance vivent à plus de 80 % en famille. Et les enquêtes nous montrent que c’est un choix par ailleurs partagé par l’entourage de la personne.

    J’ai donc demandé à la Ministre comment elle tenait compte de cette donnée factuelle et quels incitants elle pensait mettre en œuvre, d’une part pour accompagner ce mouvement spontané et, d’autre part, pour élaborer des aides au maintien à domicile des personnes handicapées, sans pour autant favoriser des isolements ou des diminutions de la vie sociale.

    Sur un point plus précis relatif aux mesures concrètes, je lui ai aussi posé une question sur l’appel à projets complémentaires au projet pédagogique de la nouvelle école du Trône, dans la mesure où précisément celui-ci vise à créer un soutien extrascolaire individuel ou collectif pour les enfants et/ou leurs familles.

    J’ai ensuite demandé si nous avions désormais plus de précisions sur le sens de ce projet qui est aussi un « projet-pilote » et si elle estimait utile d’envisager de le généraliser ?

    Dans cette même logique, j’ai demandé comment elle comptait inclure les communes dans ces actions et quelle plate-forme de concertation il serait possible de mettre en œuvre pour favoriser les actions collectives ?

    Je me permets, à cet égard, de rappeler qu’en 2015, Unia a mené une enquête qualitative portant sur l’accessibilité des maisons communales dans les 19 communes de la Région de Bruxelles-Capitale et que des recommandations ont été émises à ce sujet. J’ai aussi rappelé que l’insertion socioprofessionnelle des personnes en situation d’handicap est un défi majeur. Mais, bien malheureusement, leur taux d’emploi, dans la fonction publique fédérale, n’évolue guère. Il stagnait, l’an dernier, à 1,32% (contre 1,39% en 2014), à peine la moitié du quota de 3%. Et même si nous ne disposons pas de chiffres fiables, pour le secteur privé, ceci confirme que le soutien aux ETA est primordial.

    Et puisque la Ministre a annoncé l’adoption de plusieurs arrêtés de subvention destinés au secteur associatif et aux ETA afin de soutenir des projets essentiels, je lui ai demandé de quels projets il s’agissait et si des mesures concrètes seront mises en place pour favoriser l’accès à l’emploi et la formation des personnes handicapées ?

    Dans sa réponse, la Ministre a refait le point sur l’état des subsides et les propositions concrètes, sachant que les demandes sont évidemment nombreuses. Elle est déterminée à travailler aux politiques inclusives, et singulièrement en milieu scolaire où les services d’accompagnement jouent un rôle considérable avec le soutien du Phare. Elle a rappelé les travaux de sélection menés en concertation entre son Cabinet et notamment Cap 48.

    Sur l’emploi, elle a multiplié aussi les actions, notamment dans le secteur de l’emploi adapté. Mais elle mentionne que sur le plan de la fonction publique plusieurs personnes ne souhaitent pas déclarer leur handicap et, en ce sens, on ne peut donc les forcer.

    Sur le projet Trône, elle note que plusieurs acteurs sont intéressés par le projet et que l’on pourrait donc le prolonger. Enfin, sur le plan de la concertation avec les communes, elle a rappelé l’importance du rôle joué par les comités consultatifs. Elle a demandé, à chacun/e de nous, d’être attentif/ve à cette politique d’inclusion et de constamment interpeller les décideurs et acteurs politiques, à quelque niveau que ce soit !

    Voilà un engagement à avoir au quotidien!