• Make Brussels et le Brussel Electronic Marathon: deux initiatives à soutenir !

    Après le lockdown et les attentats qui ont blessé notre Région, le gouvernement bruxellois a pris ses responsabilités en lançant différents programmes de soutien à l’économie et à l’image de Bruxelles.

    Le projet Make.brussels va dans ce sens puisqu’il offre aux Bruxellois la possibilité de présenter des projets innovants pour redynamiser 10 quartiers bruxellois.

    L’originalité du projet consiste à s’appuyer sur une dynamique innovante, le crowdsourcing, pour solliciter le génie créatif des Bruxellois autour d’un appel à idées centré sur les caractéristiques propres des dix quartiers visés[1]. Les projets plébiscités par les suffrages des citoyens (3 par quartiers) font ensuite l’objet d’une seconde sélection par un jury composé de Visit.brussels, MAD, la Ville de Bruxelles, Bruxelles Economie-Emploi, KissKissbankbank et des experts indépendants. Les 10 lauréats finalement sélectionnés reçoivent une aide allant jusqu’à 30.000 euros.

    Le programme Make.brussels a fait l’objet d’un engouement citoyen très important : 372 idées de projets et 28.000 votants.

    Suite à la sélection faite par le jury, on peut remarquer que les projets les plus soutenus par les internautes n’ont pas nécessairement été les projets finalement retenus par le jury.

    A titre d’exemple, l’« Electronic Music Marathon », projet ayant rassemblé le plus de suffrages pour le quartier Dansaert visait à organiser un marathon de la musique électronique dans le quartier précité. Afin de mettre en place le projet, les organisateurs sont parvenus, fait unique dans le milieu, à rassembler presque la totalité des collectifs électroniques bruxellois. A ce titre, il faut noter que la musique électronique bruxelloise, généralement méconnue du monde politique, couve pourtant un potentiel international sous-exploité. A l’instar de Berlin, Londres ou Paris, Bruxelles peut devenir, avec un peu de soutien politique, une capitale internationale de la musique électro, engendrant des répercussions positives en termes économiques et socioculturelles pour notre Région.

    Or, sur les projets relatifs aux 10 quartiers, on voit que ce n’est pas systématiquement le projet le plus soutenu qui a été retenu par le jury.

    Sur base de ces différents constats, j’ai interpellé le ministre afin de savoir quels étaient les critères de sélection des projets retenus par le jury et quelles étaient les pondérations respectives des voix du jury, d’une part, et du public votant, d’autre part. J’ai également demandé au ministre comment le jury a procédé pour sélectionner les lauréats et sur base de quels documents. J’ai interrogé le ministre pour savoir de combien de temps disposait les membres du jury pour émettre leurs choix et quel était le montant moyen accordé à chacun des lauréats.

    Une de mes questions portait sur la façon dont les candidats non retenus avaient été informés des décisions du jury et si ces décisions étaient motivées. Enfin, puisque, dans un communiqué de presse[2], le ministre informait du quasi-doublement de l’enveloppe réservée au projet Make.brussels (augmentation de 300.000 euros), dès lors, j’ai demandé au ministre Gosuin comment ce montant a été utilisé et s’il a été attribué aux 10 lauréats, en complément du montant qui leur était déjà réservé ou si d’autres projets ont pu être financés grâce à cette enveloppe.

    Dans sa réponse, le ministre Gosuin a rappelé le caractère inédit de Make.Brussels de part sa démarche participative publique. Au terme de la première phase de sélection des projets, 372 idées de projet ont été publiées sur le site Make.Brussels. Lors de la phase 2, du 9 au 20 mai 2016, l’ensemble de ces idées était soumis au vote des citoyens (27 936 votes). Les 30 idées les plus plébiscitées ont été retenues (3 par quartiers) pour la troisième phase. Le 27, 28 et 29 mai s’est tenu un weekend de challenge créatif au cours duquel les porteurs d’idées retenues par le public lors de la phase de vote se sont réunis dans le but de « prototyper » celles-ci en un temps imparti. Au terme de ce weekend, le jury a élu les 10 projets (un par quartier) et chaque lauréat dispose d’un budget maximal de 30 000 euros.

    Concernant les critères de sélection le jury se basait sur les points suivants :

    • La pertinence par rapport au quartier
    • La plus-value pour le quartier
    • Le caractère inovant
    • Indicateurs et analyse des risques
    • Solutions proposées
    • Qualité et pertinence de l’équipe projet
    • Implication et coordination des parties prenantes
    • Cohérence du phasage
    • Et le réalisme du budget

    Concernant la sélection des lauréats, une fiche projet reprenant l’action proposée, les objectifs, les bénéficiaires, les parties prenantes, une analyse des risques, un descriptif de l’aspect innovant du projet, des illustrations, un phasage, un plan de communication, la composition de l’équipe et un budget détaillé a été envoyé par chaque équipe au terme du marathon créatif. Ce document a servi de base à l’analyse du projet par les membres du jury. Chaque membre du jury a dès lors attribué un point pour le projet qu’il souhaitait soutenir pour chaque quartier parmi les trois candidats tenant compte de trois critères : la possibilité de réaliser le projet proposé dans les temps impartis, la possibilité de réaliser le projet dans la limite des budgets octroyés et la plus value apportée au quartier par le projet soumis.

    Le jury a disposé de 4 heures pour remplir sa mission. L’ensemble des équipes participantes au marathon s’est réuni en séance plénière après délibération du jury pour communiquer les résultats. Un mail détaillant les votes du jury a été envoyé aux candidats ayant fait la demande. Selon le Ministre, le projet du Brussels Electronic Marathon aurait été évincé car trop vaste par rapport aux projets éligibles dans le cadre de ce programme de financement. Selon le Ministre, les candidats évincés ont reçu, sur demande, la motivation justifiant les projets finalement sélectionnés.

    Le ministre a ensuite fait l’état des lieux des 10 projets retenus. Pour Atrium, le défi est de faire en sorte que les porteurs de projets respectent des délais très courts. En effet, les projets doivent être mis en œuvre avant la fin de l’année. Il a ainsi donné pour exemple les projets suivants : Kring Café Vélo, Nationa(a)l Talent Hole, Stryty et Alors on Zwanze pour démontrer que ces initiatives avancent et se concrétisent. Le ministre a rappelé que l’objectif de Make Brussels est avant tout de contribuer à changer l’image mentale de la ville, affectée par les évènements récents et de redynamiser la fréquentation des quartiers du centre ville. Le ministre s’est réjouit des retours positifs de la presse.

    Concernant l’affectation des 300 000 euros supplémentaires que le ministre a proposé de débloquer pour augmenter la portée de l’appel à projet, le cabinet du ministre et Atrium se sont félicités du succès de Make Brussels, mais restent conscients des immenses attentes que cet appel à projets a suscité. Le ministre a rappelé que les commerçants du Pentagone continuent de souffrir économiquement. Make Brussels a favorisé une dynamique positive puisque désormais les associations de commerçants se réunissent régulièrement pour évoquer leurs difficultés et soumettre des propositions de solution.

    Ainsi, les équipes en charge de l’ancrage local chez Atrium s’entretiennent régulièrement avec cette fédération nouvelle et ils ont décidé de consacrer ces 300 000 euros à la réalisation d’idées soumises dans le cadre de Make Brussels et qui rencontrent les attentes directes des représentants des commerçants tout en s’assurant de la faisabilité des dits propositions. A ce jour 5 associations sur 10 ont répondu à l’appel. Atrium se charge donc dès à présent de la désignation des projets de ces 5 associations de commerçants.

    Parallèlement, le ministre a demandé à Atrium de réaliser une évaluation réelle de ces initiatives. Et, par ailleurs, le ministre tient à ce qu’il y ait un « Remake Brussels » (peut être l’année prochaine).

    J’ai bien entendu fait part de mon engouement pour ce type d’initiative dans notre Région. Je pense que de telles initiatives permettent de retisser des liens entre la société civile et le politique en proposant des évènements bénéfiques pour tous les Bruxellois avec des moyens limités. A mon sens, il paraît nécessaire que Make Brussels s’inscrive sur le long terme et s’organise désormais de manière périodique.

    [1] http://make.brussels/fr/conditions-dutilisation/

    [2]http://didiergosuin.brussels/sites/default/files/communiques-de-presse/cp_cabinet_gosuin_300.000_euros_suplementaires_pour_soutenir_le_genie_creatif_des_bruxellois.pdf