• La politique scientifique belge est dans le couloir de la mort. Réveillons-nous!


    Vendredi 9 décembre, je suis intervenu, au Parlement bruxellois, sur la réforme de notre politique scientifique fédérale. La recherche scientifique est en danger dans notre pays et Bruxelles va le payer très cher. Un Comité de concertation a lieu ce 14 décembre. Vigilance absolue!

    Le gouvernement MR/N-VA, par le biais de sa Secrétaire d’État à la Recherche scientifique Elke Sleurs, a pris la décision de démanteler BELSPO, le SPF Politique scientifique, qui a largement prouvé son efficacité par le travail d’excellence et les résultats qu’il fournit au fil des ans. D’autre part, un émiettement inutile du département de la recherche scientifique – et tout particulièrement de la recherche spatiale – est également mis en œuvre.

    La N-VA casse ainsi un outil fédéral qui fonctionne très bien, pour revenir ensuite se plaindre qu’il ne fonctionne pas.

    La presse[1] a fait état d’une récente prise de position du Gouvernement bruxellois face à ces initiatives dommageables pour la recherche scientifique belge, par la voie d’une note dont l’article fait mention.

    J’ai donc demandé à la Secrétaire d’Etat, Fadila Laanan, de nous expliquer la position du Gouvernement bruxellois sur cette question. J’ai également demandé à la Secrétaire d’Etat si des contacts avaient été pris avec son homologue wallon.

    Dans sa réponse, la Secrétaire d’Etat a confirmé avoir déposé, avec le Ministre-Président Rudi Vervoort, une note au Gouvernement afin de proposer la saisie du Comité de concertation, à propos des projets de la Ministre Elke Sleurs. Cette note sera donc à l’ordre du jour du Comité de concertation le 14 décembre prochain. Par cette note, la Ministre demande trois choses au Gouvernement fédéral :

    – qu’il renonce à autonomiser les 10 Etablissements scientifiques fédéraux dont 9 sont situés à Bruxelles,

    – qu’il renonce à créer une Agence spatiale interfédérale,

    – et qu’il abandonne son projet de suppression du SPP Politique scientifique.

    La Ministre s’est montrée très lucide quant aux objectifs de la NVA. En effet, selon Fadila Laanan, l’autonomisation des établissements et la création d’une Agence spatiale interfédérale a pour finalité le démantèlement pur et simple de la Politique scientifique. La Ministre ajoute : « Les parties ainsi autonomisées et budgétairement étouffées deviendront des oiseaux pour le chat communautaire ».

    Seront concernés par ces projets ; les grands Musées fédéraux, l’Institut royal de météorologie, les Archives générales du Royaume, la Bibliothèque royale, etc.

    La Ministre est ensuite revenue sur la stratégie spatiale qui, si elle devait cesser d’être pensée globalement, au niveau du pays tout entier, perdrait considérablement en efficacité et ne garantirait plus les retours industriels qu’elle assure aujourd’hui (nous sommes, selon les années, 5ème ou 6ème contributeur net à l’Agence spatiale européenne).

    Enfin, s’agissant de BELSPO et notamment des programmes de recherche et de la fonction essentielle de coordination interfédérale, interrégionale et internationale, la Ministre a souligné qu’un rattachement au SPF Economie, comme le prévoit Mme Sleurs, entraverait considérablement l’efficacité des ces programmes.

    La ministre a rappelé que l’autonomisation du spatial existe depuis de nombreuses années. Pourtant ni le MR, ni le VLD n’ont souhaité le mettre en œuvre jusqu’ici. Elle reste donc stupéfaite de constater que le MR laisse aujourd’hui la NVA mettre en œuvre un projet qui avait été bloqué, signe qui démontre à nouveau qui dirige vraiment le Gouvernement fédéral.

    Elle entend donc bien, le 14 décembre prochain, expliquer et relayer les inquiétudes du monde universitaire et industriel bruxellois.

    Enfin, la Ministre nous a confirmé que des contacts avec les Cabinets du Ministre-Président wallon et de son Ministre de l’Innovation étaient en cours.

    [1] SOUMOIS FRÉDÉRIC, « Bruxelles refuse la mort de la recherche scientifique fédérale », Le Soir, 6 décembre 2016, p. 8.