• Absence de position belge à l’ONU en matière de drogues: sabotage du Cabinet Reynders?

    Organisée le mois prochain, la Commission des stupéfiants (de l’anglais Commission on Narcotic Drugs ou CND) est le principal organe de prise de décisions au sein des Nations unies pour le contrôle des drogues. C’est LE moment phare pour faire bouger les lignes en la matière. Notre pays n’y serait pas représenté. La perspective de cette occasion manquée est tout bonnement effarante. J’ai interpellé aujourd’hui la Ministre Jodogne à ce sujet.

    En mars, l’ONU organisera à Vienne la « Commission on Narcotic Drugs ». C’est en quelque sorte la « COP » au niveau des drogues. Un moment vital pour faire bouger les lignes au niveau des Nations Unies qui, rappelons-le, est encore la dépositaire de Traités et Conventions désuètes qui criminalisent les usagers.

    Lors de ma présence à un débat sur les drogues à Bruxelles organisé par la FEDITO (Fédération bruxelloise francophone des institutions pour toxicomanes) ce jeudi, un représentant du secteur m’a interpellé sur l’absence de représentation belge à la session ministérielle.

    Je me suis alors empressé de déposer une question d’actualité à la séance plénière de la COCOF pour avoir des éclaircissements.

    J’ai demandé au gouvernement :

    • s’il pouvait me confirmer que la Belgique était bien absente de cette réunion cruciale au niveau international ?
    • quel était le ministre fédéral compétent pour assurer la coordination avec les entités fédérées en vue de construire une position belge ?
    • si la COCOF avait bien été invitée à une telle réunion ?
    • comment la discussion s’était déroulée ?
    • quelle était la position belge finalement adoptée ?

    La Ministre de la Santé au niveau bruxellois (COCOF) m’a alors fait cette réponse pour le moins ahurissante:

    Au niveau belge, les travaux préparatoires de la Commission on Narcotic Drugs (CND) sont coordonnés par le Ministère des affaires étrangères. La position belge et la composition de la délégation est discutée lors de réunions du COOR MULTI. Ces points ne sont donc pas discutés au sein de la Cellule politique générale en matière de drogues au sein de laquelle tous les ministres de la santé sont représentés, sauf a posteriori sous la forme d’un bref debriefing.

    Le Cabinet de la Ministre Jodogne a demandé à être informé au sujet du programme de la CND à la fin de l’année 2018. Il a reçu une invitation tardive à une réunion de préparation au début de cette année. La position belge a cependant été discutée dans d’autres réunions et serait déjà arrêtée. Sur ce point, il n’y a pas eu de concertation avec les entités fédérées et la Ministre déplore un manque de communication tout à fait regrettable.

    Par ailleurs, la Ministre Jodogne a appris tardivement – et informellement – que la Ministre fédérale de la santé ne se rendrait pas au segment ministériel.

    La Ministre Jodogne ne pourra pas non plus y être présente en raison d’un conflit d’agenda.

    Le Cabinet de la ministre a pris contact avec les conseillers des autres cabinets bruxellois et wallon concernés afin de se concerter pour envisager une éventuelle participation conjointe à la délégation belge. La Ministre Jodogne estime que la participation de plusieurs Régions serait souhaitable afin de refléter une diversité de points de vue et de sensibilités. La légitimité de la délégation en serait renforcée.

    L’absence de nos représentants à l’ONU lors de ce moment vital pour le contrôle et la vigilance en matière drogues s’explique-t-il autrement que par une forme de sabotage dans le chef du Cabinet Reynders?

    Afin de rester constructif, j’ai invité les représentants politiques des entités fédérées à prendre part à ces rencontres qui auront lieu à Vienne pour défendre nos positions progressistes et soutenir les associations et fédérations belges présentes.