• Evras interpellation Barbara Trachte

    Vers une labellisation obligatoire des opérateurs EVRAS

    Au cours de cette première séance plénière de la legislature au parlement francophone, je suis revenu sur un sujet que j’ai souvent soulevé durant la précédente : les animations EVRAS (éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle) auprès des jeunes.

    Evras est un large processus éducatif doté d’une dimension citoyenne et d’une approche globale de la sexualité. La formation Evras aborde une dimension complexe de l’existence humaine. Des connaissances spécifiques et rigoureuses, en matière d’éthique et de morale, sont nécessaires pour organiser de telles animations à destination du jeune public.
    Pour ses raisons, les aspects didactiques, pédagogiques et formatifs de cette éducation ne peuvent pas laisser place à l’improvisation.

    J’ai rappelé dans mon intervention les deux objectifs qui me semblent les plus essentiels : la généralisation de ces formations dans tous les établissements scolaires (spécialisés ou non) et la labellisation obligatoire des opérateurs. Ces deux objectifs sont repris dans la déclaration de politique communautaire au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

    L’identification claire des instances de formation est indispensable pour garantir leur sérieux, leurs compétences et surtout une absence totale d’idéologie partisane.

    J’ai en effet rappelé que des groupuscules religieux ont déjà eu auparavant l’opportunité de s’infiltrer dans des programmes d’actions pour y diffuser des idées rétrogrades et liberticides.

    Le Groupe Croissance, s’est vue confier des animations EVRAS au sein d’établissements scolaires. Sa directrice s’exprimait ainsi dans le journal Le Soir le 25 février 2017 :
    « Je peux ne pas avoir envie d’aller nager, mais mon mari me dit que ça lui ferait plaisir que j’aille avec lui à la piscine et à la fin, je suis contente d’y être allée. Bien sûr on ne va pas dire aux jeunes de se forcer, puisqu’on les encourage plutôt à attendre ! Il y a toujours des choses qui seront mal comprises. »
    On espère qu’on a mal compris…
    Mais ce n’est pas fini. On apprend aussi que « l’avortement n’est pas un sujet qu’on aborde d’office », que l’association donne « la vision catholique » mais qu’on « peut aussi expliquer la loi, ou donner des informations scientifiques ». Et elle ajoute, comme tous les pro-life : « Je suis infirmière, donc si un jeune me demande quelle taille a le bébé à x semaines, je peux montrer ».

    Quoi de plus logique avec son idéologie qu’elle ose dire ceci : « La vraie neutralité n’existe pas. Les plannings non plus ne sont pas neutres : ils font la promotion de l’avortement ! » Ces propos sont gravissimes et ne sont pas loin de laisser penser qu’il y a ici une forme de discours qui frise avec l’entrave et la dénégation d’un droit dont vous comprendrez que ce type de propos oblige, avec urgence, à nous mobiliser plus que jamais pour sortir l’avortement du Code pénal.

    J’ai également interrogé la ministre-présidente sur l’agenda des prochaines réunions entre la COCOF et la FWB sur cette thématique. De même, j’ai attiré son attention sur la question toute spécifique des animations EVRAS dans l’enseignement spécialisé mais aussi celles adressées aux jeunes en situation de handicap qui se trouvent dans l’enseignement ordinaire. Ceux-ci méritent une approche adaptée à leur besoin et à leur quotidien dans ce domaine.

    Dans sa réponse à mes questions, la nouvelle ministre-présidente de la COCOF nous a assuré que son gouvernement visait une couverture à 100 % de la population présente sur le territoire bruxellois.
    Elle a également indiqué que l’accord de coopération de 2013 devra être revu et qu’il faudra adapter le cadre de référence commun.
    Elle s’inscrit également dans la ligne de l’accord de gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles en matière d’agrément des opérateurs EVRAS en privilégiant les centres de planning familial comme interlocuteur externe. Il est en effet indispensable que ceux-ci soient qualifiés et agréés pour intervenir sur des questions aussi cruciales.
    Elle est d’ailleurs particulièrement rassurée de constater que Caroline Désir sera la ministre compétente pour ces questions au sein de la FWB. Elle n’a pas encore pu fixer de réunion avec son homologue mais ceci ne devrait pas tarder.

    Suite au prochain épisode 😉