• Carsharing en free floating

    Carsharing en freefloating, une gestion en roue libre ?

    Le carsharing en freefloating, dans notre Région, nous fait résolument entrer dans une autre appréhension de la voiture qui correspond mieux aux circonstances socio-économico-climatiques que nous vivons.

    Il faut cependant nous donner les moyens d’une politique juste et adaptée, mais surtout audacieuse et proactive!

    On estime qu’une seule voiture partagée remplace 8 à 15 voitures individuelles1. À condition de ne pas entrer en concurrence avec d’autres solutions telles que la marche, le vélo ou les transports en commun), le carsharing représente donc une alternative intéressante à la possession d’un véhicule individuel.

    Ce marché demeure malgré tout particulièrement mouvant : les opérateurs changent, les zones de couverture varient et la tarification fluctue. Il reste donc un certain nombre de défis à relever pour qu’un écosystème mature et accessible à tous puisse voir le jour.

    L’ambition du plan Goodmove est de mettre 800 véhicules à disposition de 25.000 clients en 20202.

    À ce jour, seulement 620 véhicules que se partagent les deux opérateurs Poppy et DriveNow (Sharenow) circulent dans la région. Le développement des flottes de véhicules reste insuffisant. Nous avons toutefois appris cette semaine que DriveNow quittera notre Région en mars. Corrélativement à ce départ, Poppy a pris la décision de tripler sa flotte pour la même date.

    Pour que le système soit viable, il est important de relever plusieurs défis.

    L’un des freins au développement cette vision du transport personnel reste la barrière psychologique entre la possession et l’utilisation.

    L’autre point non négligeable est la rentabilité qui met à mal le développement des acteurs déjà présents à Bruxelles. Ils doivent concilier un service rentable et de qualité pour tous les Bruxellois(es) et dans tous les quartiers, mais force est de constater que nous en sommes loin.

    Le Nord et l’Ouest de Bruxelles sont les grands oubliés et je me bats depuis 4 ans pour que l’ensemble du territoire soit couvert. De nombreux Bruxellois(es) sont aujourd’hui privés de ces offres et c’est tout aussi dommageable pour les habitants de ces zones que pour ceux qui désirent s’y rendre.

    Il n’est pas acceptable, et je le dénonce depuis l’arrivée de ces opérateurs, que, dans un délai raisonnable, l’ensemble du territoire régional ne soit pas progressivement couvert.

    Nous ne devons pas avoir peur d’imposer nos exigences, notamment sur le plan légal et réglementaire, afin que les intérêts des Bruxelloi(es) soient pris en compte par tous les opérateurs.

    À quand une offre combinée ?

    L’arrêté prévoit que les opérateurs et la STIB doivent développer une offre combinée autopartage + STIB.

    Durant la précédente législature, je n’ai cessé de demander au ministre de la mobilité où en était le respect de cette exigence. Je me suis vu répondre que la STIB freinait des quatre fers face à cette obligation.

    J’a donc interrogé donc la Ministre actuelle qui m’a indiqué que cela va se faire dans le cadre du projet MASS (une application publique reprenant l’ensemble des moyens de transports publics et privés).

    Syndrome de la patate chaude ou déclaration de bonnes intentions, la réalité est que malgré les 4 ans d’existence de cette exigence légale, les résultats se font toujours attendre.

    L’incitation à tout prix ?

    En comparaison avec la montant demandé pour les vélos, scooters et trottinettes en cyclopartage, les redevances pour le stationnement des voitures en freefloating sont ridiculement basses.

    25 euros/an/voiture pour le stationnement dans toute la région alors que les opérateurs de cyclopartage (trottinettes, scooters et vélos) paient jusqu’à 100 euros/an. Si je peux comprendre la logique incitative, il y a tout de même un problème de cohérence.

    La délocalisation des immatriculations

    Lors de la législature précédente, je m’étais insurgé en apprenant que l’opérateur Zipcar avait immatriculé l’ensemble de sa flotte en Région wallonne tout en bénéficiant d’une exonération considérable en matière de redevance de stationnement, ce qui engendrait un manque à gagner certain pour notre Région en matière de TC et TMC. À l’heure actuelle, le lieu d’immatriculation des véhicules mis à disposition par les opérateurs en 2019 demeure inconnu…

    Une tarification flexible ?

    Si les tarifs appliqués par les opérateurs de carsharing en freefloating sont disponibles sur leurs sites respectifs, respectent-t-ils pour autant l’exigence d’un tarif « horokilométrique »

    Pour rappel, il s’agit de la combinaison de deux critères (minute et kilomètre), comme exigé dans l’arrêté. Or les opérateurs ont des tarifs à la minute qui ne prennent pas en compte le nombre kilomètres parcourus. C’est évidemment à dessein qu’ils ne respectent pas cette obligation car cette tarification est bien plus profitable dans une ville congestionnée comme Bruxelles.

    PMR et Freefloating, quelles solutions ?

    Question kafkaïenne s’il en est, et qui demeure sans réponse!

    J’ai donc aussi interrogé la ministre sur la possibilité pour les PMR de garer le véhicule en libre-partage sur des stationnements réservés au PMR. Si durant le stationnement provisoire la carte PMR est de rigueur, qu’en est-il lors de l’abandon du véhicule et comment est-il possible de savoir qu’il a été stationné à cet endroit par un PMR ?

    Bruxell’air de rien…

    La prime Bruxell’Air n’est toujours pas adaptée à l’offre de mobilité partagée!

    Et tout ceci alors que nous allons franchir le seuil EURO 3 en 2020 avec la LEZ.

    J’ai déjà signalé que c’était une erreur fondamentale de ne pas avoir accompagné cette nouvelle étape

    d’une réforme de la prime.

    1 Ecoconso – 29 février 2019
    2 Cet objectif est basé sur la rentabilité de 30 personnes par véhicule identifiée dans l’annexe 1 de l’arrêté ‘Autopartage’ du 21 mars 2013 du Gouvernement bruxellois. Initialement déclaré dans le plan IRIS 2 et repris dans le plan Goodmove.
    Art. 19/2.§ 1er. Pour être agréé par l’Administration pour l’usage de cartes de dérogation pour autopartage « flotte libre » sur places de stationnement publiques, l’opérateur doit répondre aux conditions suivantes : (…) 3° le coût de l’utilisation est proportionnel à la distance et à la durée de l’utilisation, sur base de paramètres clairs et communiqués;