• Le raton laveur, un sympathique ennemi n°1 pour les Bruxellois ?

    Les ratons laveurs envahissent nos villes et nos campagnes. J’ai donc interrogé notre Ministre pour y voir plus clair!

    Si le premier raton laveur a été observé en 19861 dans nos contrées2, l’espèce s’est fortement accrue ces dernières années. En Wallonie,3 ils seraient 50 0004. En Flandre5, les chiffres précis ne sont pas connus, mais ils sont présents en nombre également.

    Ils sont aujourd’hui visibles jusqu’aux portes de Bruxelles, en forêt de Soignes notamment.6 7

    Originaire d’Amérique du Nord, il est issu d’élevages, surtout dans la partie orientale de l’Europe. C’est en Allemagne que se situerait le premier foyer d’introduction. L’animal y aurait été relâché intentionnellement en 1934 et ce sont aujourd’hui 20.000 animaux qui y sont tués chaque année pour limiter sa prédation sur d’autres espèces

    Doté d’une propension certaine à s’accommoder de tous les types de milieux naturels, il a un régime alimentaire très souple et se nourrit de grenouilles, de moules d’eau douce, de larves de libellules, mais aussi d’œufs d’oiseaux comme ceux du faucon pèlerin. Il est omnivore et la proximité de l’homme ne le dérange pas. Il s’adapte donc particulièrement bien aux villes où il trouve une source de nourriture abondante dans les ordures (d’où son surnom américain de « trash pandas » ou « pandas des poubelles. ») et également de nombreux abris.

    Le raton-laveur ne compte que peu de prédateursLe couguar, le lynx roux, le coyote, le renard, le chien, le loup, le grand-duc et la martre ne tuent qu’un petit nombre d’individus chaque année et bon nombre de ces espèces ne sont même pas (encore ?) présentes en Région Bruxelles-Capitale. On peut donc douter que les renards s’élèvent en rempart contre l’invasion des ratons laveurs et que nous assistions un jour à une guerre des poubelles.

    De la même manière que le problème se pose pour le renard en région bruxelloise, le nourrissage n’étant pas formellement interdit, on peut craindre que l’absence de directive et de règlementation claire conduisent certains citoyens, pensant bien agir, à les nourrir ce qui aggraverait plus encore le développement de l’espèce, voir l’émergence de comportements déviants dans le cas où l’espèce se familiarise trop avec la présence de l’homme.

    Rappelons que le raton laveur est également susceptible de véhiculer de nombreuses maladies.

    • Ces dernières années, 142 cas de rage ont été détectés dans les pays baltes, en Ukraine et en Allemagne.
    • En Amérique du nord, il contribue aussi à la propagation de la leptospirose.
    • Il est aussi porteur d’un ver (Baylisascaris procyonis) qui peut se transmettre à l’homme et occasionner des altérations du système nerveux et des yeux surtout chez les jeunes enfants. En Allemagne, 70 à 80% des ratons laveurs examinés en sont porteurs.

    Si pour le moment on est loin, en Belgique, d’une prolifération problématique, il faut rester vigilant et anticiper l’extension des populations de ces animaux.

    Trois observations de ratons laveurs en Région Bruxelles-Capitale ont déjà été rapportées et sont répertoriées dans l’Atlas des Mammifères couvrant la Région Bruxelloise :
    – Une observation en 2015 à Molenbeek ;
    – Une observation en 2017 aux frontières régionales du côté de la Forêt de Soignes ;
    – Une observation récente à Uccle.

    Depuis de nombreuses années, la gestion des espèces allogènes envahissantes fait l’objet d’un dialogue constructif entre les trois régions et les autorités fédérales de notre pays.
    Outre le raton laveur, d’innombrables autres espèces animales et variétés végétales allogènes sont abordées.

    Cette collaboration informelle s’est encore renforcée depuis le 1er janvier 2015, quand un nouveau règlement européen relatif aux espèces allogènes envahissantes est entré en vigueur.

    Le règlement a pour objet de réduire autant que possible l’impact négatif de ces espèces en Europe.

    Au niveau belge, le dialogue s’est formalisé sous la forme d’un accord de coopération.

    Cet accord de coopération est actuellement à la signature de la Commission de l’environnement du Parlement bruxellois.

    En ce qui concerne plus particulièrement le raton laveur, les agents de Bruxelles Environnement sont en contact avec les agents de l’Agence de la Nature et des Forêts et l’INBO du côté néerlandophone et avec les collègues wallons du Département de la Nature et des Forêts, et DEMNA.

    Concernant les mesures préventives et un plan d’action au sein de Bruxelles Environnement, la gestion de ce type de population animale est règlementée dans l’ordonnance bruxelloise relative à la conservation de la nature et le règlement européen relatif aux espèces exotiques envahissantes.

    Un plan d’action pour les espèces exotiques envahissantes (dont le raton laveur fait partie, tel que stipulé dans l’annexe IV de l’ordonnance relative à la conservation de la nature) est prévu.

    Ce plan prévoit des mesures de détection, d’examen et d’intervention si nécessaire.

    La gestion de ces espèces doit se faire naturellement dans le respect du bien-être animal.

    En terme de prévention concernant le nourrissage et les risques pour la santé, Bruxelles Environnement tente d’informer clairement les Bruxellois et toutes les personnes intéressées sur l’interdiction de nourrir les animaux sauvages et sur les mesures de sécurité à prendre face à des animaux affaiblis et morts.

    En ce qui concerne l’interdiction de nourrir les animaux, une campagne de communication bruxelloise est menée depuis 2015 et se compose de sessions d’informations dispensées aux agents communaux, de séances de formations internes réservées aux agents de terrain et d’un site Internet.

    L’objectif est de poursuivre cette campagne durant quelques années encore, vu l’importance et le caractère actuel du sujet.

    La procédure relative aux animaux affaiblis et morts peut être consultée sur le site Internet de Bruxelles Environnement.

    Il est généralement recommandé de ne pas toucher des animaux épuisés ou morts, mais d’informer un agent de terrain ou de contacter le centre de revalidation bruxellois pour les animaux sauvages.

    Concernant la réglementation quant au nourrissage des ratons laveurs et des renards, il est actuellement interdit de nourrir les animaux sauvages dans les espaces verts régionaux publics de la Région bruxelloise.

    Cette interdiction est stipulée dans le règlement du parc.

    Les règlements de police communaux s’appliquent dans les espaces verts communaux et les propriétés privées.

     

    1 https://orbi.uliege.be/bitstream/2268/113448/1/raton-laveur.pdf – Cahiers d’éthologie appliquées – 1987

    2 Le raton laveur envahit la Belgique – LaLibre.be – 10/08/2007

    3 Les ratons laveurs envahissent la Wallonie ! – RTBF.be – 04/04/2018

    4 50 000 ratons laveurs en Wallonie – L’Avenir – Anne SANDRONT – 20/06/2019

    5 Les ratons laveurs de plus en plus nombreux en Flandre – VRT.be – Eric STEFFENS – 08/04/2019

    7 Ratons laveurs: sympas mais douteux… – Wallonie Environnement SPW –