• Plexiglas et recyclage

    Suite à la nécessité de mettre en place des mesures pour limiter la propagation du coronavirus, la demande en Plexiglas® a explosé1. Commerces, grandes surfaces, bureaux et lieux publics s’équipent de parois en plexiglas transparent.

    Rappelons que le Plexiglas® est une marque déposée de polyméthacrylate de méthyle (PMMA) obtenu par polymérisation du méthacrylate de méthyle (MMA).2

    Bien qu’il soit réutilisable, économisant ainsi des ressources précieuses et des émissions de CO2, on estime qu’actuellement seuls 10% de la production européenne annuelle sont réellement recyclés. En effet, la majeure partie du recyclage du PMMA est actuellement réalisée par un processus en lit de plomb fondu qui ne permet pas de retraiter toutes ses qualités. Les processus de recyclage actuels du PMMA sont axés sur la forme post-industrielle plutôt que sur celle en fin de vie. Or cette dernière représente la majeure partie du flux total des déchets exportés, enfouis ou incinérés.

    Ainsi, en matière de recyclage, en France, le 27 avril 2016, il faut noter que les principaux acteurs de la filière ont signé un engagement sur la « croissance verte » portant sur la mise en place d’une nouvelle filière de recyclage du verre acrylique (projet «Reverplast»).

    J’ai donc interrogé le Ministre sur les prescriptions ignifuges s’imposant pour l’usage de ces matériaux aux commerces et les lieux accueillant du public et plus globalement, sur la prévention prévue concernant les matériaux utilisables, afin de garantir la sécurité et leur recyclage.

    Le Ministre a tenu à rappeler que « les normes de produit et la mise sur le marché est du ressort du gouvernement fédéral et que la Région bruxelloise ne dispose pas de toutes les compétences requises en la matière.»

    Et qu’en l’occurrence, « La Région ne peut donc se prononcer sur les prescriptions ignifuges ou la prévention concernant les matériaux utilisables. »

    Concernant le Plexiglas®, « L’Ouvroir, un acteur bruxellois du secteur de l’économie sociale qui vend ce type de panneaux, a indiqué à Bruxelles Environnement ne pas être au courant de ce que contient le plexiglas qui leur est fourni. L’Ouvroir fournit actuellement des panneaux de Plexiglas® pour se protéger du Covid-19 selon une démarche sociale et en apportant un soin particulier à l’éco-conception. » Toutefois

    Visiblement la question n’a pas été soulevée par Bruxelles Environnement …

    Le Ministre a précisé que « (…) les fournisseurs ont dû réagir dans l’urgence et ont mis sur le marché tout ce qu’ils avaient en stock (épaisseurs et matériaux divers : acrylique (Plexiglas®), PMMA  (Acryglas HIPEX), PETG (PET et glycol), polycarbonate, …), ce qui ne facilitera pas le recyclage. »

    Il faudra toutefois se pencher sur le sujet d’autant qu’à ma question concernant l’existence d’une filière de recyclage du Plexiglas® en région Bruxelles-Capitale, le Ministre a répondu par la négative.

    J’ai toutefois été rassuré d’apprendre que : « au vu des circonstances et des objectifs notamment du PGRD et du PREC, la question est à l’étude et Bruxelles Environnement a identifié 3 usines en Belgique qui pourraient être intéressées par ce type de recyclage. »

    Bruxelles Environnement a confirmé les chiffres et le fait que la majeure partie du recyclage du PMMA est actuellement réalisée par un processus en lit de plomb fondu.
    Rappelons que les processus de recyclage actuels du PMMA axés sur la forme post-industrielle représente la majeure partie du flux total des déchets exportés, enfouis ou incinérés.

    Il est évident que le réemploi est plus vertueux que le recyclage car il présente un meilleur bilan environnemental et économique.
    « La Région bruxelloise compte par ailleurs au moins un acteur de l’économie sociale qui pourrait réutiliser ce matériaux puisqu’il s’agit de l’entreprise de travail adapté l’Ouvroir citée précédemment. »

    Vraisemblablement, le projet en est encore au stade préliminaire.
    « Ils pourraient envisager de faire des découpes, des marquages, des impressions, du thermo formage, etc. dans leur atelier et produire par exemple de petits présentoirs de comptoir d’accueil , des plateaux de repas des cantines, des articles de rangement, des articles de promotion, du petit mobilier,  etc »

    Et de préciser « qu’il est nécéssaire avant tout de faire une analyse des panneaux en Plexiglas® mis sur le marché et une analyse de la demande potentielle pour de nouveaux objets, avant de lancer une chaine de production et de re-manufacture (Upcycling) ainsi qu’une filière de collecte. »

    Notons qu’en plus, la transformation serait plus simple « lorsque les panneaux sont dans leur forme initiale et de grande taille (75 X100) comme ceux que l’Ouvroir commercialise. »

    Ceci pose par ricochet la question des panneaux cassés ou recoupés a posteriori.

    La hausse des déchets de plexiglas étant mécaniquement à prévoir, j’ai demandé au Ministre si un bac à conteneur dédié à sa collecte est mis à disposition dans les recyparks .

    Ce n’est pas le cas pour l’instant.
    « Les panneaux vont encore être utilisés un certain temps avant de devenir des ressources-déchets.
    De plus, ce type de dispositif n’aura de sens que lorsqu’une filière spécifique aura été trouvée. Ajouter un flux de collecte dans un Recypark n’est pas sans conséquence. »

    1 Lieux publics : forte demande de plexiglas transparent de protection.
    2 Le Polyméthylméthacrylate PMMA – 9 mai 2017 par Carine robert chimie paris tech.