• Drogues et prévention

    Ce vendredi 31 mars, en Séance plénière du Parlement francophone bruxellois, j’ai intérrogé le Ministre Alain Maron sur l’application des recommandations du Forum de la société civile sur les drogues en Europe (CSFD) en matière de politiques de santé portant sur la consommation des drogues »

    Je suis souvent intervenu sur les questions afférentes à nos politiques de prévention et de prises en charge des consommateurs de drogues.

    Une certaine urgence et un événement majeur m’invitent à interpeller Alain Maron, en prenant en compte les efforts et les demandes de la société civile.

    En effet, ce 5 décembre 2019, à Bruxelles, un Forum européen de la société civile[1] vient de rappeler l’exigence politique, et singulièrement pour le Parlement européen, de fonder nos politiques en matière de drogues, sur une approche scientifique – et donc avec les méthodes qui relèvent de la science, en son projet empirique et de gestion de faits attestables et vérifiables -, mais aussi sur une approche qui soit capable de prendre en compte les acquis de nos politiques fondées sur le respect et la prise en compte des Droits humains et leurs exigences spécifiques.

    Ce Forum est composé d’experts et engage aussi la représentation de 45 ONG européennes qui sont, par conséquent, habilitées à dialoguer et à fournir des recommandations.

    Je ne reviendrai pas ici sur les chiffres et les rapports qui nous montrent combien les politiques répressives ne suffisent plus et sont même devenues contreproductives voire potentiellement, dans certains cas, criminogènes.

    Je l’ai assez fait, en rappelant aussi que nous savons que les marchés dits « noirs » prolifèrent et que les effets économico-sociaux sont catastrophiques puisque selon les chiffres avancés, lors de ce séminaire, on dénombre plus 8000 décès, pour l’année 2019.

    Cependant, en plus de cette situation, il faut surtout noter que nous arrivons à l’échéance des principaux « Textes cadres » de la politique des drogues de l’Union (EU Drug Strategy (2013 -2020) and EU Drug Action Plan (2017-2020)) et que pareil calendrier permet évidemment de saisir, à nouveau, les Institutions européennes, d’autant que les chiffres parlent et que les facteurs de réussites et d’échecs des politiques sont désormais largement validés, par les études et rapports.

    De même, il a été demandé, lors de ce Forum et en relation également avec les travaux de l’Observatoire européen des drogues et des addictions (EMCDDA), de s’entendre sur des actions qui prennent désormais le tour de l’urgence.

    J’ai donc préalablement demandé, dans une sorte de situation d’urgence politique, comment il allait greffer son action sur cet agenda et sur ce momentum précis et avec quelles stratégies.

    Ceci est évidemment en lien avec notre plan de « Réduction des risques » (RDR) qui est lui-même une stratégie de santé publique et de promotion de la santé qui veut notamment interagir avec des usagers spécifiques, pour réduire les risques.

    Car, justement, ce Plan engage lui-même une nouvelle vision de la santé publique, de sa promotion et de sa prévention puisque le rôle de la personne devenue pleinement actrice de sa propre santé est considérablement mis en avant, notamment dans la recherche de bonnes pratiques, singulièrement soucieuses de prendre en compte les acquis des connaissances scientifiques, en la matière.

    A cet égard, puisque le Plan met en exergue, et les considère d’ailleurs comme des partenaires essentiels, les personnes en grande précarité, les détenus, les femmes et les jeunes comme publics exposés, mais encore les minorités ethniques ou les migrants comme personnes confrontées à des mécanismes psychosociaux qui mènent parfois à l’usage de drogues, j’ai posé des questions sur ces points précis :

    • Les politiques « santé » et « droits humains » sont-elles une dimension actuellement prioritaires, en matière de lutte contre la drogue ?
    • Sur le second aspect, comment la question spécifique des « droits humains » est-elle implémentée dans nos politiques en matière de drogues ?
    • Eu égard à la recommandation émise de « faire le point régulièrement sur les évolutions en matière de règlementation des substances », quel est l’état des lieux de nos monitorings et notamment en matière de financements affectés ?
    • Votre administration a-t-elle des contacts avec ce Forum et certains organismes représentés ?

    Enfin, dans la mesure où une autre recommandation consiste à « créer un groupe informel de parlementaires dédié à ces questions au sein du parlement », estimez-vous qu’une telle initiative pourrait être prise dans notre Assemblée ? C’est Barbara Trachte qui a répondu à mes questions.

    C’est Barbara Trachte qui a répondu à mes questions.

    La Cocof soutient la démarche anti-prohibitionniste, elle veut clairement soutenir la réduction des risques et elle l’a inscrite dans le Décret déambulatoire et la Charte est respectueuse des Droits humains, dans sa politique de santé.

    La Cellule générale « Politiques Drogues » a émis des recommandations et elle dit qu’il faut notamment qu’il est décisif d’associer la société civile dans les démarches et qu’il est aussi essentiel de sensibiliser de la sorte le plus d’acteurs possibles.

    Il faut aussi articuler le local et l’international dans toutes les politiques et réflexions !

    Le Collège veut aussi travailler à la prévention des actes de consommation, en étant bien conscient qu’il y a des obstacles juridiques.

    Il y a aussi l’importance des SCMR et la Cocof entend s’engager fermement sur ces initiatives.

    Pour ma part, dans ma réplique, j’ai redit que la Cellule doit faire bouger les lignes, malgré le gouvernement en affaires courantes, donner vie à ces lieux et mouvements dont « Stop 21 ».

    J’ai aussi fait un rapprochement avec la question du « protoxyde d’azote » et j’ai demandé si le Collège avait rendu un avis sur la décision des Bourgmestres qui est une sorte de criminalisation de comportements visant essentiellement les usagers. Madame Trachte n’a pas apporté de réponse à cette question.

     

     

     

     

     

    [1] https://www.addictaide.fr/actualite/la-societe-civile-demande-au-nouveau-parlement-europeen-de-mettre-les-questions-de-drogues-au-coeur-de-ses-priorites/amp/