• La cyberdépendance de nos jeunes à l’école: l’importance d’avoir un suivi parlementaire

    Ce vendredi 8 novembre, au Parlement francophone bruxellois, nous avons parlé d’un sujet qui me tient, plus que tout, à cœur : la question de notre rapport au “virtuel” et aux nouvelles technologies, sujet dont je dis qu’il faut à la fois l’étudier et le traiter avec nuance et ceci sans tomber dans des raccourcis ou des craintes infondées.

    Mon collègue de Patoul (Défi) a interrogé la Ministre Barbara Trachte, en charge de la Promotion de la Santé, sur « l’addiction au numérique qu’il désignait comme « l’héroïne numérique » et j’ai souhaité lui emboîter le pas, en attirant l’attention sur nos jeunes et nos lieux d’éducation.

    Par mon intervention, ce matin, j’ai voulu, d’une part, assurer et poursuivre mon travail de contrôle parlementaire, mais j’ai voulu aussi faire le point sur un ensemble de questions que j’avais déjà posées, lors de la précédente mandature, notamment à la Ministre Jodogne, en sorte de prendre la mesure des actions réalisées et de celles qui sont à encore réaliser.

    Dans mon intervention, j’ai donc commencé par rappeler que j’ai souvent évoqué le sujet à la tribune de ce Parlement. Depuis toujours, je porte une attention particulière à la question des différents types d’addiction et de leurs répercussions dans notre société en matière de santé.

    Il est évident qu’il y a un lien fort entre cette merveilleuse et gigantesque invention/révolution qu’est l’Internet et une des conséquences d’un de ses mésusages : la cyberdépendance.

    Dans mon chef, il n’a jamais été évidemment question de remettre en cause les bénéfices énormes que nous tirons de cet outil qu’est Internet et de la nécessaire transition numérique de notre société. Par contre, il nous revient de nous interroger sur les nouvelles formes de dépendance qui en découlent et qui doivent nous pousser, en tant que responsables politiques, à rester vigilants et actifs.

    Depuis une vingtaine d’années, Internet a pris une place considérable dans notre société. Du monde du travail, Internet et ses outils se sont immiscés au cœur de notre vie privée. Du réveil au coucher, nous passons chaque jour de nombreuses heures à utiliser Internet, que ce soit pour communiquer, s’informer ou bien sûr se divertir.

    Personnellement, je trouve d’ailleurs bien dommageable de croire que la cyberdependance ne touche que les jeunes ou ceux qui souffrent d’addiction aux jeux. C’est beaucoup plus large et répandu que cela. Les actions au seins des écoles sont évidemment à soutenir mais se limiter au secteur scolaire serait une grave erreur.

    Or, manifestement, les actions demeurent limitées au milieu scolaire actuellement… Nous ne pouvons pas abandonner ces nombreuses générations qui ont appris à utiliser internet sans cadre, sans outil, sans avertissement.

    Le nombre d’heures passées, en moyenne, devant nos écrans est considérable. Pourtant, le temps que nous y consacrons n’est pas un indicateur pertinent pour parler d’une véritable dépendance, au sens clinique du terme. En effet, une très grande majorité des gens parvient à contrôler son utilisation, sans que cela ait un effet négatif en terme de santé, dans le cadre du travail ou de celui la vie sociale.

    On parle de cyberaddiction ou de cyberdépendance lorsque la surutilisation des technologies ou des moyens de communication offerts par Internet entraine chez la personne concernée un sentiment de détresse et des difficultés au niveau psychologique, social ou professionnel.

    A l’instar d’autres dépendances, l’addiction à Internet doit être interprétée comme un symptôme, plutôt que comme un véritable problème. Et je reconnais que c’est un phénomène encore insuffisamment étudié.

    L’ image de l’adolescent enfermé dans sa chambre pendant des heures à jouer à des jeux vidéos pour représenter la cyberdépendance ne correspond plus à la réalité, telle que décrite par les acteurs et les spécialistes dans ce domaine! C’est une fait scientifique largement étudié et prouvé.

    Derrière le mot cyberdépendance, on retrouve, en réalité, différentes addictions comme: la dépendance aux jeux en ligne, la dépendance relationnelle liée au fait de nouer des relations, notamment par les réseaux sociaux ; mais encore la dépendance au cybersexe et aussi le « cyberramassage », c’est-à-dire cette recherche compulsive d’informations.

    Preuve, s’il en faut, que l’addiction à Internet et ses technologies sont désormais une réalité, la cyberdépendance est désormais reconnue comme une maladie  par l’Organisation Mondiale de la Santé.

    J’ai donc demandé à la Ministre si depuis l’étude du projet “Click” une nouvelle analyse chiffrée a été publiée et fournie pour notre Région.

    De même, j’ai rappelé qu’un groupe de travail “intercabinets” avait été créé au sein de la Cellule “Politique générale drogue”, afin de développer une vraie politique d’action. Mais bien malheureusement, tout s’y limitait à la question des jeux d’argent et de hasard…

    J’ai aussi demandé si le Groupe de travail prévu s’était réuni et également où en étaient les discussions et les résultats des travaux prévisionnels, en demandant encore  si le champ d’investigation, tellement étroit, avait été élargi, en sorte d’augmenter le spectre d’enquête et aussi, bien évidemment, de recherches de résultats et d’actions concrètes.

    J’ai demandé si une ou plusieurs associations financées par la Cocof sont actives et proactives sur ces addictions spécifiques.

    J’ai aussi demandé si de nouvelles campagnes d’information et de formation à l’utilisation critique d’internet ont été mises en place dans les écoles et dans nos organismes de formation professionnelle  et, enfin, j’ai demandé comment se déroulait nos partenariats avec la Fédération Wallonie-Bruxelles, sur ces thématiques.

    La Ministre nous a redit combien elle suivait cette problématique de près car elle est inquiétante et elle demande une vigilance constante.

    De fait, nombre de jeunes enfants et adolescents sont « accros » aux écrans et c’est un vrai sujet de société qui demande de la coordination, de la prévention et de l’action.

    La Ministre a souligné l’importance de l’intiative Yapaka.be. qui est un programme de prévention de la maltraitance à l’initiative du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles de Belgique mis en place en 1998.

    Ce site de référence est très utile pour apprendre à gérer les rapports des enfants et des familles aussi aux écrans et objets connectés.

    yapaka cherche à lancer des pistes et veut aborder nombre de thématiques liées à ces situations, de façon interactive et positive. La campagne 3-6-9-12 est particulièrement importante pour apprendre à gérer son rapport au virtuel et éviter des attitudes de cyberdépendance.

    La Ministre a aussi expliqué comment sur le plan de la recherche et de la clinique, en matière de santé mentale, il y a désormais un ensemble de ressources qui sont tantôt préventives, tantôt thérapeutiques, en sorte de venir en aide aux parents concernés, via des actions et des recommandations, mais aussi via des outils de prévention.

    Quant à ma question précise portant sur les écoles, la Ministre va s’enquérir de cette situation, notamment en concertation avec Rudi Vervoort pour la Région et Cartoline Désir pour la Fédération Wallonie-Bruxelles.

    Une transition est toujours nécessaire entre les ministres nouvellement nommés et les administrations, mais je reviendrai sur cette question car elle est de la plus haute importance!

     

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