• CES Las Vegas

    Au grand show technologique de Las Vegas, nos entreprises bruxelloises ont encore brillé par leur absence. Une responsabilité politique?

    Du 7 au 10 janvier se tenait à Las Vegas le Consumers Electronics Show (CES) de 2020. C’est un rendez-vous incontournable des nouvelles technologies et des innovations « high-tech », ce salon a accueilli 175000 visiteurs qui pouvaient rencontrer plus de 4500 exposants durant cette 53eédition1.

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  • Application Mobilité Bruxelles SMoP

    “L’Open Data, c’est la démocratie”. Oui mais pas n’importe comment !

    Ce mardi 21 janvier, en Commission Mobilité, j’ai interrogé notre Ministre sur une question très importante et qui touche cette question non moins importante de la gestion publique des nouveaux outils numériques et, en particulier, la nouvelle application Smart Mobility Planner (SMoP) 

    À ce jour, le site de Bruxelles Mobilité[1] référence pas moins d’une quinzaine d’applications sous des rubriques aux aspects particulièrement segmentants : des calculateurs d’itinéraire multimodal, des calculateurs d’itinéraire multimodal & GPS ou encore des itinéraires par transport urbain. On notera la présence de l’application SMoP dans la rubrique des calculateurs d’itinéraire multimodal.

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  • Véhicules autonomes STIB

    Véhicules autonomes de la STIB : Révolution ou gadget?

    Black Mirror, pas pour tout de suite …

    Du 28 juin au 22 septembre dernier, les bruxellois ont pu tester dans le parc de la Woluwe, la navette autonome de la STIB : SAM-e. Selon Bruxelles Mobilité1, ce projet entre dans le cadre de l’une des 50 mesures mises en œuvre afin d’anticiper l’autonomisation des véhicules et s’inscrit donc dans le Plan régional de mobilité « Good Move », Baptisé SAM-e pour Smart Autonomous Mobility electric, ce premier test de navette électrique autonome a été réalisé par la STIB en collaboration avec Bruxelles Environnement, la commune de Woluwe Saint-Pierre et le groupe RATP. Le choix du lieu du test a d’ailleurs été guidé par ses caractéristiques proches de celles du parcours de l’expérience française, réalisée par le groupe RATP dans le bois de Vincennes avec un véhicule identique.

    La deuxième période d’essai prévue entre les vacances d’automne 2019 et de printemps 2020, s’effectuera sur le site de Solvay, à Neder-Over-Heembeek2. Mais comme le dit le proverbe jamais deux sans trois puisque dans une interview accordée à la RTBF3, le co-directeur de la STIB précise que pour l’instant, « on ne peut pas faire rouler de véhicules autonomes sans dérogation. » avant d’ajouter que « Le jour où ça sera possible, l’ambition de la STIB est de maîtriser ce genre de technologies et de pouvoir s’adapter à un environnement qui change”.

    De ce fait, la phase 3, interviendra dans le courant de 2020, le sujet est en ce moment à l’étude.

    Après la fin de cette première zone de test, je me demande où en est le projet. De ce fait, j’ai interrogé Madame Elke Van den Brandt, ministre de la Mobilité et des Travaux Publics.

    Pour cette expériences, deux exemplaires de ce modèle EZ10 construits par l’entreprise française EasyMile ont donc été loués par la STIB au groupe RATP pour un montant annoncé de 600.000€. dans la réalité, la ministre rappelle que la somme de « 600 000 € est une estimation initiale de la STIB et correspondait aux besoins pour la totalité de ce projet expérimental pour les années 2018. Estimation revu à la baisse précise la ministre. Par ailleurs, « La préparation du projet a débuté au 1er trimestre 2018. Les navettes autonomes ont été louées à un tarif de 360.000 euros pour 12 mois et pour 2 véhicules. La location “all in” a commencé en juin 2019 et se poursuivra jusqu’en juin 2020 » Notons que les constructeurs EasyMile et son concurrent Navya affichent un prix de vente unitaire de leurs navettes compris entre 200 000 et 250 000 euros, selon les options. Faible différence donc entre un achat et une location, pourquoi se tenir à une location s’il s’agit de l’avenir ? Mme Van den Brandt revient sur cette technologie très vite « obsolète » et le fait de « ne pas être lié à un seul constructeur » pour justifier une location mais se montre optimiste. En effet le budget estimé était de 500 000€ en 2018 lors du lancement du projet mais le coût réel pour les deux premières phases de test est de 445 000€ (location des 2 navettes, conteneurs de stockage, support de communication, etc.  pour la 1ère et la 2e phase).

    Mme la ministre précise qu’à l’horizon 2035, le navettes automatiques auront un « impact positif sur capacités des routes, routes spécifiques dans zones urbaines pour compléter le réseau et remplacer quelques bus traditionnels ». Tandis que certains experts soulignent la problématique d’une transition longue et complexe avant que soit atteint le niveau optimum de 100% de véhicules autonomes, une étude du KennisInstituut Mobiliteit4, précise à ce sujet que si toutes les conditions sont réunies, la généralisation du véhicule autonome ne pourrai s’imaginer au plus tôt entre 2065 et 2100, dépendant du développement de la technologie et de l’ensemble des paramètres et des séquences de transition imaginables.

    Pour rappel, un groupe d’experts s’était spécifiquement réuni pour aborder la question de l’émergence de véhicules autonomes dans le cadre de l’élaboration de la stratégie Good Move et la synthèse de leurs travaux a été publiée par Bruxelles mobilité5. Je pense utile de prendre le rapport en considération pour recadrer les enjeux, opportunités et réalités techniques et l’urgence toute relative que représente la perspective de l’exploitation ou de la mise en circulation de véhicules totalement autonomes dans un contexte urbain comme celui de Bruxelles.

    Les experts consultés dans le cadre de l’élaboration de la stratégie Good Move soulignent également que le déploiement de tels véhicules représenterait peu d’intérêt en matière de mobilité en l’absence d’une approche globale et complémentaire de l’ensemble des solutions de mobilité à développer dans l’intérêt général, notamment pour éviter un accroissement de la congestion automobile et la concurrence contre-productive du transport en commun.

    De la même manière, ceux-ci semblent s’accorder sur le fait que le remplacement de voitures privées par des voitures privées autonomes représenterait un non-sens au regard de l’intérêt général du fait de l’injection dans le trafic de véhicules circulant à vide cela aggravant alors d’un cran encore l’irrationalité logistique de l’auto-solisme.

    Sans pouvoir aborder tous les éléments repris au rapport, précisons que celui-ci insiste également sur la nécessité pour les autorités publiques d’adopter une stratégie politique pour optimiser les bénéfices et réduire les risques que sont susceptibles de représenter l’exploitation de véhicules autonomes par des opérateurs privés et de services de partage, essentiellement dans le but d’équilibrer les outils de gestion la mobilité urbaine et les activités d’acteurs privés.

    Au niveau, des assurances et des dérogations au code de la route puisqu’il s’agit de l’un des questionnements les plus importants sur les véhicules autonomes. Une dérogation a été mise en place « en étroite collaboration avec le SPF Mobilité & Transport et les autorités locales. » pour le premier test mais le plus surprenant est l’absence de dérogation pour le second. Cela s’explique par le lieu du test, le site de Solvay, à Neder-Over-Heembeek, un parc privé avec des voiries privées. Cependant, une assurance privée a été souscrite par la Stib pour les deux phases, « un site privé – une assurance RC automobile (carte verte pour immatriculation) a été souscrite par la STIB auprès d’Ethias, laquelle est définie sur base des conditions spécifiques d’exploitation (type de voiries, nombre de kilomètres qui seront parcourus, durée de l’expérimentation, fiche technique véhicules, etc.). » nous mentionne la ministre.

    Le but de cette première expérience très similaire de celle menée à Paris est d’ « Apprendre et faire en sorte de voir si c’est faisable », acquérir de l’expérience en soit. Mais est-il vraiment nécessaire de multiplier les tests identiques plutôt que de faire du partage d’informations ? De plus nous savons que ces multiples testes ne sont réalisés que dans le cadre d’une circulation apaisée et d’une voirie simple, totalement le cas de Bruxelles et de sa Région en évidence. En théorie, les navettes testées par la STIB sont aptes à circuler dans des conditions de circulation apaisées. Diverses expériences à l’étranger le prouvent. En pratique, la phase 2 en cours aujourd’hui est cruciale pour en acquérir le savoir-faire. Dans tous les cas de figure, il s’agit de conditions de circulation « apaisées » dans des configurations de voiries simples. Il n’est actuellement pas du tout réaliste d’imaginer une navette autonome dans des conditions de trafic denses et anarchiques. Situation totalement concordante avec le trafic routier bruxellois.

    Il est clair que de telles expériences doivent être renouvelées.  Il est important que les pouvoirs publics appréhendent et s’approprient ces technologies. On ne peut pas indéfiniment acheter des solutions offertes “clé sur porte” par les GAFAM…qui comme par hasard investissent énormément dans la mobilité autonome.La question se porte plutôt sur l’utilité de reproduire un projet pilote organisé par une société de transport public voisine. Bien que dans le budget de notre région 500.000 euros constitue une somme dérisoire, il n’en demeure pas moins que chaque denier doit être utilisé avec pertinence et ce projet pose questions. Mutualisons nos connaissances et nos expériences. On en sera d’autant plus efficace.

     

    1 Bruxelles Mobilité soutient l’initiative : ”Nous sommes conscients du potentiel qu’offre la technologie en tant que solution pour la mobilité urbaine (…). Ce constat se reflète dans notre Plan régional de mobilité, intitulé « Good Move », et dans l’une des 50 mesures que nous mettons en œuvre afin de concrétiser notre vision : anticiper l’autonomisation des véhicules.“ indique (…) sa porte-parole.
    La Stib va tester une navette autonome cet été dans le parc de la Woluwe – 5 juin 2019 – Catherine Tonero avec Belga – RTBF.be
    4 Kennis Instituut Mobiliteit, 2017 Paths to a Self-Driving Future.
    5 Good move – Véhicules autonomes