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    Mme, Mlle, M, en voiture !

    « L’appli de la STIB s’améliore ! » selon la page dédiée sur le site de la STIB. En effet, depuis le 2 juillet dernier, l’application a fait l’objet d’une nouvelle mise à jour.1

    Toutefois, pour une application qui se veut dans l’air du temps, elle conserve un léger parfum d’antan, qui lui donnerait un aspect presque suranné.

    En effet, la première étape de l’inscription pose question quant au choix de l’état civil : M, Mlle, Mme

    L’usage du terme mademoiselle dans les documents officiels est progressivement abandonné dans plusieurs pays, notamment en Suisse depuis 1973, au Québec en 1976, en France2 et au Luxembourg depuis 2012 ainsi qu’à Bruxelles et en Wallonie depuis 2015.

    En Allemagne de l’Ouest, il a été banni en 1972 par le ministère de l’Intérieur

    En Espagne, en Italie et au Portugal, l’usage veut qu’on parle désormais de monsieur et madame.

    Dans d’autres pays, la question ne se pose pas… et ne s’est même jamais posée. C’est par exemple le cas en Suède et en Norvège où les titres de civilité n’existent tout simplement pas.

    Les différents rapports d’activités ou les publications de la STIB soulignent, et je m’en félicite, la féminisation de son personnel.

    Les données statistiques exploitant les variables de genre ont une réelle utilité, permettant de mener des réflexions sur la sécurité ou l’aménagement du territoire en mesurant par exemple l’influence du harcèlement dans l’utilisation des transports en commun par les femmes ou en identifiant des lieus de faits de harcèlement dans les transports en commun.

    A contrario, ces mêmes publications et communications ne font jamais état de la proportion de femmes mariées au sein du personnel de la STIB, ni de l’influence du mariage sur la part modale des transports en commun…

    Si l’approche genrée des transports en communs présente donc un intérêt certain, le statut marital des femmes est totalement hors sujet.

    Rappelons également que le stockage de variables, même courtes, en bases de données, a également un impact environnemental.

    J’ai demandé à la Ministre pourquoi continuer à recueillir et stocker des données aussi obsolètes qu’inutiles et l’intérêt que représente la collecte de telles données différenciées concernant les femmes.

    Outre le fait de souligner la pertinente de ma remarque, la STIB m’a informé qu’elle a prévu de supprimer complètement la mention Monsieur/Madame/Mademoiselle

    Ce développement devrait être rendu disponible aux utilisateurs au début de l’année 2021.
    De fait, « L’appli de la STIB s’améliore ! »


    1 L’appli de la STIB s’améliore !stib-mivb.be
    2 Virginie Descoutures. Le nom des femmes et sa transmission.Mouvements 2015/2 (n° 82), pages 43 à 48

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