• fresques BD

    Pour un parcours BD régional et diversifié à l’image de Bruxelles.

    Pour un parcours BD régional et diversifié à l’image de Bruxelles
    Le Parcours BD1, créé en 1991, est aujourd’hui incontournable dans le paysage urbain bruxellois.2 3 On compte désormais 61 fresques dont la localisation est disponible en Opendata4.

    Parmi les commanditaires de certaines fresques, on retrouve environnement.brussels (ex IBGE), La STIB, Région de Bruxelles Capitale5 ou encore la Vlaamse Gemeenschapscommissie.

    J’ai donc interrogé le Ministre-Président sur le financement des différentes fresques, tant sur l’aspect de la création et de la réalisation, que de la conservation et de la restauration.

    Nous avons ainsi pu apprendre que les fresques du parcours BD sont dans leur grande majorité financées en fonds propres par la Ville de Bruxelles. C’est le cas pour 63 d’entre elles à quelques exceptions. Ainsi, la fresque Tintin qui se trouve dans la gare du Midi a été réalisée à la suite d’un accord entre la société Moulinsart et la SNCB pour le centenaire d’Hergé en 2007.

    Sur le territoire de la Ville de Bruxelles, deux fresques ne relèvent pas du parcours BD officiel de la Ville :

    • Stam et Pilou, qui se trouve dans le café La Fleur en papier doré, et qui est une initiative privée.
    • Out in the street, rue de la Chaufferette, est également une initiative privée de l’Ancienne Belgique et de la Rainbow House. Notons que bien qu’il s’agisse d’un autre budget que celui du parcours BD, elle a néanmoins été subventionnée par la Ville.

    Une série de fresques situées hors du territoire de la Ville de Bruxelles (Ixelles, Saint-Gilles, Saint-Josse-ten-Noode, Molenbeek-Saint-Jean, …), ne relèvent pas non plus du parcours BD officiel de la Ville de Bruxelles.

    Les 63 fresques du parcours BD sont financées exclusivement par l’échevinat de la rénovation urbaine de la Ville de Bruxelles. Les autres fresques sont généralement financées par des privés ou par certains pouvoirs publics lors d’actions ponctuelles.

    Le budget dédié à la conservation et à la restauration de ces fresques par la Ville de Bruxelles au cours de la période 2019-2020 s’élevait 153 150 euros.

    L’origine du projet fait suite à un refus de l’échevin de l’Espace public de la Ville de Bruxelles de l’époque, Michel Van Roye, d’accorder un permis de placement d’un panneau publicitaire (20 m²) sur un pignon du Platesteen.

    Or la bande dessinée est un produit complexe culturel, artistique et économique, dont le lien avec la publicité est très ancien et très étroit. À Sao Paulo, des associations de citoyens luttent contre la prolifération progressive des fresques peintes sous couvert artistique et culturel, mais financées par des sociétés privées qui insèrent leur logo ou leur code couleurs pour en faire des supports publicitaires.

    Dès lors, on peut s’interroger sur la position de la Région sur les fresques en BD et sur le statut de celles-ci :

    • Sont-elles soumises à la taxe sur les panneaux publicitaires ou à la taxe communale ou bénéficient-elles d’exonérations ?
    • Quelles sont parmi les fresques en RBC, celles qui bénéficient du statut « d’œuvre d’art » et celles sous statut de « reproduction » ?
    • Quel et ou quels sont les taux de TVA appliqués à la réalisation de ces fresques ?
    • Quelle est la réalisation de fresques publicitaires sous forme de l’appellation de « Bande-Dessinée » ?

    Le Ministre-Président a rappelé que d’un point de vue touristique et culturel, « le parcours de fresques est un produit d’appel qui remporte beaucoup de succès auprès des visiteurs ». La Région bruxelloise, à travers visit.brussels, promotionne donc le parcours tout au long de l’année grâce à des brochures, du contenu éditorial, son site internet, des actions lors des salons B2C (business to consumer), des campagnes, une mise en avant des visites guidées dédiées, et plus spécifiquement lors de la Fête de la BD organisée en septembre.

    Les fresques ne sont pas soumises à la taxe sur les panneaux publicitaires ou à la taxe communale, car elles n’entrent pas dans le champ d’application du règlement des taxes sur l’affichage publicitaire. Un taux de TVA de 21 % s’applique à la réalisation des fresques, comme à leurs rénovation et conservation.

    Selon le Ministre-Président, il n’existe aucune fresque publicitaire sous forme de l’appellation « Bande dessinée » en Région bruxelloise.

    J’ai également interrogé le Ministre-Président sur la représentativité genrée et linguistique du Parcours BD.

    • Quelle est actuellement la répartition entre :
      ◦ Les auteurs et auteures ;
      ◦ Les personnages féminins et masculins, transgenres ou autres ;
      ◦ Les auteur.e.s ayant un rapport étroit avec la Région de Bruxelles-Capitale tels que les lieux de naissance ou de vie et celles et ceux reconnus pour leur œuvre, mais sans lien précis ou effectif avec la Région ;
      ◦ Les auteur.e.s de langue française, flamande et allemande, et ceux de langue anglaise ?

    En matière de genre :

    • Sur les 63 fresques que compte actuellement le parcours BD de la Ville de Bruxelles, 10 fresques ont été créées, scénarisées ou dessinées par une femme (16 %).
    • Sur les 362 personnages humains représentés sur l’ensemble des fresques et 31 % sont des femmes, 69 % sont des hommes.
    • 11 fresques sont issues d’une BD dont au moins une femme est l’héroïne, et 43 dont au moins un homme est le héros.

    En ce qui concerne le rapport des auteurs des fresques avec la Région bruxelloise :

    • 30 ont un lien étroit avec la ville de Bruxelles en tant que lieu de naissance ou de vie, soit 48% du parcours ;
    • 33 auteurs sont reconnus pour leur œuvre, sans lien précis ou effectif avec la Région.

    Pour ce qui est des langues :

    • 48 fresques sont l’œuvre d’auteurs francophones (76%) ;
    • 12 sont l’œuvre d’auteurs francophones néerlandophones (20%) ;
    • 3 sont l’œuvre d’auteurs anglophones.

    Les services compétents de la ville de Bruxelles pourront fournir plus d’informations au besoin.

    Il me semble que ce parcours BD suscite un certain engouement et je pense que la Région doit prendre exemple sur le travail qui est réalisé à juste titre par la Ville de Bruxelles.

    En rapport avec ma demande d’explications sur la dimension de capitale culturelle européenne de Bruxelles, je crois qu’il serait utile de préparer cette grande fête de la culture à travers la bande dessinée et de nouvelles fresques, à l’initiative de la Région ou d’un organisme d’intérêt public (OIP) de nature régionale.

    Les dimensions linguistiques et de genre sont visiblement déséquilibrées et il y a plus d’hommes et plus d’artistes francophones impliqués dans le projet. C’est un fait sans doute lié à l’histoire de chaque installation ponctuelle. Il serait cependant utile de disposer d’une analyse plus affinée de ces questions pour les projets à venir et l’on pourrait ainsi imaginer qu’une dessinatrice néerlandophone bénéficie d’un prochain projet de dimension régionale.

    Le nombre de murs aveugles à Bruxelles est très important. Il s’agit tant de murs d’institutions publiques que de maisons, de blocs d’appartements ou d’immeubles d’habitation. J’habite moi- même dans un immeuble à appartements où un mur aveugle ne sert à rien. Je suis certain que les occupants de cet immeuble seraient ravis de bénéficier d’une belle fresque. Il existe donc de nombreux endroits où il est possible de laisser s’exprimer les dessinateurs.

    Dans la perspective de 2030, il me semblerait utile d’ouvrir ces espaces d’expression à tous les artistes, et principalement aux artistes bruxellois.

     


    1 Bruxelles.be – Parcours BD
    2 https://visit.brussels/fr/profile/bande-dessinee
    3 https://www.routard.com/zoom/cid132518-balades-b.d.-a-bruxelles.html
    4 Opendata Bruxelles – Parcours BD
    5 http://www.art-mural.eu/html/Remerciements.html

Comments are closed.