• Interdiction des véhicules les plus polluants: la prime Bruxell’Air doit revoir sa copie

    Mise en place en 2006 par la Région bruxelloise, la prime Bruxell’Air vise à encourager les automobilistes bruxellois à renoncer à leur voiture au profit de moyens de déplacements plus respectueux de l’environnement (abonnement MIVB, prime vélo, Cambio Start). Au regard des situations engendrées par la mise en œuvre, dès le 1er janvier 2019, de la Zone basse émission (LEZ), ce dispositif incitatif mériterait d’être revu et élargi. En 2019, ce sont en effet quelques 19.000 véhicules qui seront interdits de circulation en Région bruxelloise.

    Pour rappel, une prime “Bruxell’Air” permet aujourd’hui à tout Bruxellois qui décide de remettre sa plaque d’immatriculation et renonce à sa voiture de recevoir soit un abonnement pour les transports en commun et un abonnement Cambio Start* d’un an soit un abonnement Cambio Start* d’un an et une prime vélo (de 505 € maximum).

    Avec l’arrivée de la LEZ, la Région interdit à la circulation, de manière progressive, les véhicules les plus polluants. Objectif: améliorer la qualité de l’air et donc la santé publique.  La règlementation concerne les voitures, les camionnettes ≤ 3,5 tonnes, et les bus et autocars qu’ils soient immatriculés en Belgique ou à l’étranger.

    Concrètement:

    • En 2018, l’interdiction d’accès concerne les Diesel Euro 0 et Euro 1 (voitures Diesel immatriculées avant le 1er janvier 1997).
    • En 2019, l’interdiction s’étendra aux véhicules essence Euro 0 et Euro 1 (immatriculés avant 1er janvier 1997) ainsi qu’aux Euro 2 Diesel (immatriculés avant 1er janvier 2001).
    • En 2020, l’accès sera restreint pour les Euro 3 Diesel (véhicules avant 2006)
    • En 2022, ce sera au tour des Euro 4 Diesel (véhicules avant 2011)
    • Et dès 2025, les Euro 2 essence (immatriculés avant 2001) et Euro 5 Diesel (immatriculés avant 2015).

    + infos sur la LEZ (qui est concerné, qui peut déroger, sur quel territoire, le montant de l’amende, etc.) via www.lez.brussels

    La prime Bruxell’Air permettra donc aux personnes qui devront se délaisser de leur vieille voiture sans en acheter une nouvelle de recevoir une des aides précitées. Il apparaît toutefois que celles-ci ne sont pas toujours adaptées au quotidien de chacun…

    Familles avec enfants, revenus plus faibles, personnes à besoins adaptés… les aides à apporter aux Bruxellois par la Région doivent être adaptées à l’ensemble des catégories de ménages. La prime Bruxell’Air devrait donc offrir un panel d’aides financières plus larges, incluant des chèques taxi, un crédit car-sharing, un soutien à l’achat de trottinettes électriques ou mono-wheel…

    Qu’en est-il? Pour le savoir, j’ai interpellé ce mardi 2 octobre la Ministre de l’environnement Céline Frémault autour de l’entrée en vigueur de la Zone de basse émission régionale.

    Mes questions étaient les suivantes:

    • Est-ce qu’un service régional a été chargé d’accompagner les ménages le souhaitant pour trouver une offre ou des pratiques de mobilité alternatives ?
    • Quel est précisément le contenu de cette mission d’accompagnement ?
    • Quels sont les moyens dédiés ?
    • La prime Bruxell’Air pourrait-elle être revue et modulée en fonction de la composition et des revenus des ménages ?

    Dans sa réponse, la Ministre Frémault a évoqué la mise en place par Bruxelles Mobilité, dans le cadre de la réflexion sur le futur plan Mobilité bruxellois “Good Move”, de “boutiques mobilité” qui deviendraient des points de contact pour les usagers.

    Concernant les moyens dédiés, les aides régionales à l’expansion économique comprennent un volet spécialement consacré à la LEZ en vue de soutenir les entreprises qui devront changer d’utilitaire en raison des restrictions applicables en vertu de la LEZ aux véhicules les plus anciens. Enfin, complète la Ministre, une réforme de la prime Bruxell’Air est par ailleurs mise en œuvre par le Ministre de la Mobilité Pascal Smet.

    Dans ma réplique, j’ai pu constater que nos administrations semblaient s’organiser au mieux afin de préparer les multiples défis liés à une mise en place effective et progressive de la LEZ. Le calendrier n’est toutefois pas optimal: je regrette qu’il n’ait pas été prévu d’adapter la prime Bruxell’air de manière concomitante à l’entrée en vigueur de la LEZ. J’interpellerai le ministre compétent à ce sujet.

    Selon moi, deux priorités font aujourd’hui défaut:

    1. le renforcement de la lutte conte la fraude aux filtres à particules, de plus en plus fréquente (lire ici). Les Normes EURO donnent une indication des niveaux d’émission. Toutefois, de nombreux automobilistes qui roulent au diesel ne remplacent pas leur filtre à particules lorsqu’il est usagé et décident plutôt de l’enlever sans procéder à son remplacement. Le remplacement du filtre coûte 2000 euros, l’enlèvement seulement 400… Le résultat est toutefois catastrophique en termes de santé publique. Il faut donc contrôler et sanctionner ceux qui décident de resquiller à cette obligation de remplacement et qui circulent à Bruxelles: les Bruxellois via les centres de contrôle technique mais aussi les navetteurs qui ne font que passer par la capitale. J’interpelle la Ministre Bianca Debaets à ce sujet la semaine prochaine.
    2. l’élargissement et l’adaptation (effective) des primes à la mobilité à l’ensemble des ménages bruxellois. Je ne manquerai pas d’interpeller prochainement le Ministre de la Mobilité Pascal Smet à cet effet.

    D’autres solutions de mobilité doivent être offertes aux ménages bruxellois! Accès renforcé aux abonnements de transports en commun, mise à disposition de vélos et vélos électriques, soutien au carsharing ou ” véhicules partagés”…

    En parallèle de l’entrée en vigueur de la LEZ, la prime Bruxell’Air doit revoir (et alimenter) sa copie. Il est en effet malheureux qu’une telle réforme n’ait pas eu lieu de manière concomitante à l’entrée en vigueur de la LEZ…

  • « Arts-Loi » plus pollué que la rue de la Loi ?

    Etre député, c’est aussi suggérer de nouvelles pistes au gouvernement. En deux jours, deux ministres ont décidé de lancer des initiatives relatives à la qualité de l’air suite à mes interpellations. Une belle victoire !

    Le fait de respirer de l’air de bonne qualité est une condition essentielle d’une qualité de vie soutenable[1]. Toutefois, on peut remarquer que la plupart des centres urbains peinent aujourd’hui à créer un environnement de vie offrant des qualités sanitaires acceptables. Plus de 3,7 millions de décès prématurés par an sont attribuables à la pollution de l’air[2].

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  • A la suite de Philippe Close, Julien Uyttendaele clame haut et fort qu’il y a urgence quant à l’ouverture de salles de consommation à moindre risque

    Le 8 janvier dernier, j’étais déjà intervenu, via une question parlementaire à la Ministre Jodogne, sur la question de l’accueil “bas seuil” et des salles de consommation à moindre risque (SCMR), en me basant sur les recommandations du Groupe de travail « Approche intégrée de l’aide aux personnes sans abri » de la Concertation Bruxelloise de l’Aide aux Sans-abri. Ensuite, le 11 janvier, je l’ai également interrogée sur la session spéciale de l’Assemblée Générale des Nations Unies consacrée à la problématique des drogues, en vue de l’UNGASS 2019 !

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  • Pour le lancement d’un projet pilote bruxellois de salle de consommation à moindre risques

    Ce vendredi 8 janvier, je suis intervenu sur l’accueil “bas seuil” et les salles de consommation à moindre risques (SCMR), sur base des recommandations du Groupe de travail « Approche intégrée de l’aide aux personnes sans abri » de la Concertation Bruxelloise de l’Aide aux Sans-abri.
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  • Le droit international relatif aux drogues doit évoluer !

    Du 19 au 21 avril 2016 aura lieu, à New York, une session spéciale de l’Assemblée Générale des Nations Unies consacrée à la problématique des drogues.

    Cette session est destinée à définir les orientations de la politique internationale des drogues en vue de l’UNGASS 2019. C’est en 2019, en effet, que sera défini le prochain plan d’action des Nations Unies pour diminuer la demande de drogues et lutter contre le trafic. Chaque plan d’action étant défini pour une période de 10 ans il s’agit donc d’un rendez-vous important.
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  • Interpellation concernant la pollution aux particules ultrafines

    Selon un rapport de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) du 19 novembre dernier, on estime que la pollution de l’air provoque chaque année 430 000 morts, dans les 28 pays de l’Union Européenne.  En Belgique le nombre de décès imputés à la seule  pollution découlant du trafic routier est estimé à 3.200  par an.

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